L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Délire d’amour 30 septembre 2008

Filed under: Roman — davide @ 8:50
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Partons du principe que je peux tout lire, qu’aucun ouvrage de fiction ne me résiste, et que si mes choix de lecture sont plus exclusifs que la liste VIP du dernier film avec Angelina Jolie à Cinélac, c’est uniquement par choix, et surtout pas par élitisme boursouflé.

Et bien j’ai failli faillir. On m’a suggéré cette lecture un peu à la petite semaine, et si j’avais une quelconque raison de n’être pas peu fier de la surprise se lisant sur le visage de la personne qui m’en a recommandé la lecture sans vraiment y croire quand je lui ai annoncé ma décision de m’appuyer cet opuscule, j’ai bien vite arrêté de faire mon malin.

Peu de livres m’ont mis autant en colère, et m’ont donné autant de raisons d’en haïr les personnages principaux.

En effet, j’ignore si cet effet est voulu, mais je me suis surpris, aux alentours de la page 100, à refermer l’ouvrage d’un geste sec, avec pour seule pensée, « boring ! » (je pense en anglais quand je suis énervé), car je n’en pouvais plus de ce héros par trop geignard, hypocrite, égoïste et minable, de sa femme si parfaite qu’elle était probablement coulée dans le latex pour tout le relief que possédait sa personnalité, et même le psychopathe de service ne provoquait chez moi qu’une profonde irritation, sombrant dans une douce folie mystico-amoureuse qui me rappelait douloureusement les transports des héroïnes de classiques de la littérature française que l’on me forçait à lire au cycle.

Ce n’est que quelques jours plus tard, déprimé par ma nouvelle lecture et poussé par un instinct sombre et non identifié, que j’ai repris le livre en main au propre et au figuré. S’ensuivit une révélation. À la suite d’un véritable coup d’embrayage mental, je me suis rendu compte que je n’étais pas obligé d’aimer, d’éprouver de la sympathie ou de la pitié ou même de tolérer l’existence de ces personnages.

J’avais trouvé ma motivation de lecture : le sadisme le plus pur.

Et c’est ainsi que je trouvais ma motivation à ricaner de voir le couple pédant voler en éclat, le « héros » creuser la tombe de sa propre santé mentale en voyant s’effondrer ses jolis projets de reconversion professionnelle, en attendant une fin libératrice et si possible apocalyptique…

Je sais agir à l’encontre de toute bienséance, mais bon je ne suis à ça près, en révélant ici que le lecteur n’échappera pas à une fin heureuse et bien mièvre, et ce pour tous les personnages.

Sans vouloir donner l’impression que je ne suis pas à même d’assumer mes critiques jusqu’au bout (et surtout pas pour lénifier d’hypothétiques supérieurs plutôt portés sur cet auteur), mais il faut tout de même reconnaître que le roman est une illustration adéquate du syndrome de Clérambault et de la paranoïa qu’il peut engendrer, et que la fin du roman en particulier nous délivre son petit déluge de personnages britanniquement excentriques assez piquants, mais en ce qui me concerne le mal était fait, et je n’ai pas pu m’empêcher de trouver ce livre par trop inégal, et bien trop long et dilué pour le sujet qu’il traite.

MacEWAN, Ian. Délire d’amour. Paris, Gallimard, 1999 (Du monde entier)
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