L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Gomorra 31 octobre 2008

Filed under: Documentaire — davide @ 10:37
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Bon. Voici un livre pour lequel j’aurais vraiment, vraiment voulu avoir quelque chose de drôle à écrire ; une petite anecdote personnelle marrante, une bonne critique cinglante sur le manque de reconnaissance envers ce qui semble être un des systèmes socio-économiques italiens les plus performants sur la durée selon l’auteur, mais en fait je ne me sens vraiment pas d’humeur à ce genre de plaisanterie.

Le premier reproche que l’on pourrait faire à Saviano pourrait porter sur la quantité d’émotion désespérée et larmoyante dont il ponctue le documentaire objectif que l’on serait en droit d’attendre ; le fait est que si l’on fait l’effort d’imaginer une vie dans un lieu touché  par les statistiques évoquées tout au long du livre, on s’aperçoit rapidement que la colère et la tristesse de l’auteur ne sont pas uniquement le produit d’une quelconque origine méridionale mais une réaction qui tend à prouver que l’observateur qu’il est a encore une âme et une conscience. Par comparaison, je suis souvent un peu triste et en colère face aux événements qui surviennent dans mon pays natal, alors que ce qui s’apparente le plus à une organisation criminelle active dans ma région d’origine sont les ordres de moines franciscains.

Mais bref, ce qui impressionne est que malgré, ou grâce, à cette colère, l’auteur a fourni un véritable labeur de bousier à non seulement compiler des résultats d’enquête, des articles et des analyses, mais aussi à prendre en compte une foule de petites histoires personnelles, de rencontres et de sa propre expérience sur le terrain sans jamais tenter d’y trouver une explication rationnelle ou même logique. La mise au même niveau de tous ces éléments pourrait mettre en doute leur véracité, mais les chiffres sont à priori vérifiables et vérifiés, et les histoires, ma foi, si l’on n’a pas greffé sur les yeux une quelconque paire de lentilles teintées de rose fuchsia, sont crédibles.

On ne peut pas non plus reprocher à l’auteur une quête du sensationnalisme ; de nos jours, le crime organisé n’est plus un sujet vraiment vendeur (hier c’était l’engouement de 90% des jeunes pour le parler racaille, aujourd’hui l’ire du président français face à son effigie vaudou en vente libre ou la nécessité de consommer comme si la civilisation en dépendait car l’euro est moins cher) ; Saviano s’est attaqué à un sujet ingrat, non seulement dans son pays, où visiblement une bonne partie de certaines régions sont dépendantes de leur participation au système criminel ne serait-ce que pour avoir le droit de vivre, et où l’on peut imaginer le malaise à dénoncer sur place ceux qui fournissent travail, logement, nourriture et voirie, mais aussi à l’étranger, où tout le monde s’en fout démocratiquement.

Et c’est là que le travail de Saviano s’avère le plus intéressant, du moins pour moi. Etant italien, j’ai une vague idée de certains des tenants et aboutissants des systèmes de crime organisé dans ce pays; ce que j’ignorais, c’est que ces systèmes ont acquis de véritables lettres de noblesse en collaborant de manière active et rentable avec l’économie « propre » (au sens le plus figuré possible) dans d’autres pays, que ce soit en fournissant des contrefaçons d’une qualité comparable voire meilleure que les originaux en particulier dans le domaine de la mode, haute et basse couture confondues, mais aussi en faisant circuler de sympathiques sommes d’argent là où l’on en a le plus besoin (ou : là où les gens qui ont déjà bien assez, voire trop, ne sont pas contre le fait d’avoir beaucoup plus), dont les sources sont maintenant bien connues (n’étant pas ingrat, je vous laisse le loisir de deviner de quelles sources il s’agit). Ces connexions peuvent sembler un peu disparates car plutôt que les regrouper par chapitre, Saviano les fait évoluer de manière organique, en les entrecoupant d’apartés pas immédiatement clairs, mais qui au fil de la lecture font prendre conscience de l’étendue du phénomène observé.

S’il fallait résumer mes impressions à la fin de ce livre,  je serais tenté de dire qu’il est aussi parfait, et donc totalement déprimant et voué à un échec commercial. Le plaisir voyeuriste à voir la misère des autres est contrebalancé par le sérieux des enquêtes et de leur développement, et le détachement satisfait que l’on pourrait avoir face à une série de statistiques parfaitement représentatives de l’efficacité d’un modèle économique capitaliste n’est juste pas possible, à moins d’être un fervent adepte du new public management et donc voué au premier cercle de l’enfer. Il s’agit donc d’un livre que l’on voudrait oublier au plus vite, ce à quoi je vais faire l’effort de résister le plus longtemps possible. Vous, c’est votre affaire.

Bonjour, merci et bonne lecture.

SAVIANO, Roberto. Gomorra : dans l’empire de la camorra. Paris, Gallimard, 2008. 356 p.

SAVIANO, Roberto. Gomorra : viaggi nell’ impero economico e nel sogno di dominio della camorra. Milano, Mondadori, 2006 (Strade blu). 331 p.

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Le jour où Nina Simone a cessé de chanter 24 octobre 2008

Filed under: Biographie,Documentaire — Roane @ 12:17
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Une femme témoigne de sa jeunesse passée dans un Beyrouth en guerre. Des cicatrices qui jamais ne guériront totalement mais qui saignent probablement un peu moins quand elles sont exposées comme ici dans ce court récit bouleversant.

Je ne peux que recommander la lecture de ce témoignage qui, une fois de plus, renforce ma conviction qu’il n’y a pas de « bonne guerre » et que ceux et celles qui fuient ces horreurs quotidiennes ne seront jamais comme vous et moi qui n’avons pas côtoyé la mort à chaque coin de rue.

L’enterrement du Père adulé, c’est « le jour où Nina Simone a cessé de chanter » au moment où Darina al-Joundi, la narratrice, arrête la cassette qui diffuse des sourates pour passer Save Me de Nina Simone. « Pas de Coran à mon enterrement », avait dit son père… Ce geste est sacrilège pour les islamistes, pour la famille qui assistent à la cérémonie. « Cette fille exagère, elle est folle » crient-ils en la chassant. Quelques jours plus tard, ils l’interneront dans un asile psychiatrique, histoire de la calmer et l’obliger à rentrer dans le rang. Darina al-Joundi réussit de justesse à s’en sortir et décide de s’exiler en France. C’est là qu’elle rencontre Mohamed Kacimi qui lui prête sa plume pour écrire ses mots à elle avec sa voix de fille en guerre. (more…)

 

Marche ou crève 23 octobre 2008

Filed under: Documentaire — Dominique @ 8:42
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Vous cherchez un de ces livres qu’on ne lâche pas avant le dernier mot ? Oubliez la série Millenium qui, à ce qu’en disent certains, fait des merveilles comme somnifuge, laissez tomber Stephen King et ses thrillers haletants, ignorez royalement les premiers Mary Higgins Clark (sans parler de ses dernières publications, davantage destinées à asseoir la réputation de la vieille dame et le compte en banque de son éditeur qu’à distraire les insomniaques). J’ai mieux à vous proposer.
A marche forcée est un document unique, dont Phébus a publié une nouvelle traduction en 2002, sur la suggestion de Nicolas Bouvier qui, malheureusement, n’aura pas le temps d’en rédiger la préface avant que la mort l’emporte.
Ce n’est pas son style qui en fait une lecture inoubliable, mais la trame de ce témoignage incroyable. Recueilli par un journaliste qui en a sciemment gardé le ton, ce récit, livré par un vieillard d’origine polonaise vivant à Londres débute par son arrestation, en 1939, à l’âge de 24 ans, par les Russes, alors qu’il était officier de l’armée polonaise. Slavomir Rawicz, de mère russe, parlait couramment cette langue, ce qui lui valut d’être soupçonné d’espionnage. Une détermination hors du commun lui permettra de traverser  un nombre incalculables de séances de torture sans qu’il avoue le forfait dont on l’accuse. A bout de forces, drogué, quasi inconscient, il finit par apposer son paraphe au bas d’une feuille listant ses pseudo-crimes, ce qui lui vaut d’être condamné à 25 ans de travaux forcés.
Je ne dirai rien du voyage inhumain qui le conduira, lui et des milliers d’autres prisonniers, jusqu’en Sibérie affronter un froid qu’on ne saurait imaginer, la faim perpétuelle et une surveillance drastique sous le regard débonnaire d’un Staline en noir et blanc encadré dans le bureau du chef de camp.
Saisissant une de ces chances qui, telle une météorite, ne traverse qu’une seule fois une existence et faisant preuve d’une audace hors du commun, Slavomir et six de ses frères d’infortune parviennent à s’échapper.
A peine croyable que certains aient survécu à ce périple à côté duquel un double marathon ferait figure de lancer de pain aux canards en eau calme, lorsqu’on sait que les compagnons ont traversé à pied toute la glaciale Sibérie, le cuisant désert de Gobi et l’indomptable Himalaya sans argent, presque sans vivres et chaussés de ce qui pourrait s’apparenter à une paire de charentaises, pour atteindre l’Inde, des mois plus tard…
Je ne suis pas une grande lectrice d’histoires vécues mais celle-ci m’a gardée vissée à mon siège de manière aussi efficiente qu’un décollage de 747, alors je ne peux que vous inviter à vous y plonger vous-même, le frisson ne se fera pas attendre bien longtemps.

RAWICZ, Slawomir. A marche forcée : à pied, du cercle polaire à l’Himalaya, 1941-1942. Paris, Phébus, 2002 (D’ailleurs)

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Tout dans la courbe 21 octobre 2008

Filed under: Roman — davide @ 11:27
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Voilà un livre qui aurait mérité qu’on le déteste. Bon d’accord je le déteste. Il avait tout pour me déplaire. Un héros un peu fadasse, des thatchéristes à la pelle, l’Angleterre des années quatre-vingt, peu d’action, quasiment pas d’essorage cérébral tortueux …

Et pourtant quel plaisir de lecture !

On suit la quête de Nick, alumni d’Oxford profitant de son amitié avec le fils d’un politicien montant pour se payer une collocation dans le quartier huppé de Notting Hill, quête avant tout de la beauté selon le concept hogarthien (en très gros, ce qui serpente est vivant donc beau, architecture ou fesses du susmentionné fils de politicien) et de la pensée du Maître (Henry James, apparemment). Dans les faits il s’agit pour Nick de profiter du parasitage d’une classe des plus aisées pour profiter du luxe qui lui est dû en toute oisiveté, car la beauté est le privilège des riches, à quelques exceptions près .

Soit, mais c’est sans compter la maîtrise diabolique qu’a Hollinghurst de son écriture, et la manière des plus subtiles qu’il trouve d’injecter la tragédie et la comédie dans son livre.

La tragédie, car il s’agit des années quatre-vingt et de l’Angleterre, une époque ou les fortunés et les politiciens vont se murer dans un délire néo-libéral qui conduira ce pays à la ruine culturelle et morale fumante qu’il est aujourd’hui à grands coups d’excès en tous genres, moins avouables les uns que les autres, et que notre héros n’aura de cesse de poursuivre sa quête de l’idéal de beauté mais aussi d’amour à travers des êtres qui n’ont qu’à lui offrir leur vacuité et leur égoïsme, jusqu’à sa confrontation directe avec la maladie et la mort, qu’il devra affronter terriblement seul, poursuivi par le souvenir d’une seule rencontre significative et réellement honnête, sans être vraiment sûr des raisons qui la lui ont fait rater.

Déjà ça, c’était fait pour me plaire.

Mais il y a aussi la comédie, intimement liée aux éléments précités, car  bien des situations tiennent du grotesque, du décalage total dans la vie de ces personnes dont le quotidien est tellement vide de sens que le moindre fait et geste devient le prétexte d’une fête, d’une jouissance ou d’un compliment, des personnages qui croient si fort au rôle qui leur est imposé, et auquel ils ne voient et ne veulent surtout voir aucune alternative, même quand leur propres proches sombrent dans la solitude, la folie et/ou la mort.

Et ça, ça peut être tellement drôle.

Le livre contient également la quantité et le dosage du mélange de substances psychoactives licites et illicites nécessaires à faire un boogie avec Margaret T.

Mais ne gâchons pas tout. Il s’agit aussi de relever l’excellent sens du rythme de l’auteur, à travers la subdivision du livre en trois parties, ce qui permet une véritable évolution des personnages et rend l’histoire ainsi racontée complète mais pas épuisante. Hollinghurst nous fait grâce du traitement par trop émotionnel et voyeuriste de certains sujets à scandale, évite les schémas narratifs dramatiques habituels, et laisse plein de trous noirs inquiétant, mais garde les préludes et les lendemains qui justement ne chantent pas. On évite ainsi toute catharsis, une douce tension est maintenue toute au long du livre, et on fait faire mine de rien sa gymnastique à son imagination, ce qui lui rend tout son galbe.

 

HOLLINGHURST, Alan. La ligne de beauté. Paris, Fayard, 2005 (Littérature étrangère). 537 p.

HOLLINGHURST, Alan. The line of beauty. London, Picador, 2004. 501 p.

Disponibilité (français)

Diponibilité CIT (anglais)

Disponibilité EVI, JON, MIN, SER (anglais)

 

Et revoilà Amélie ! 15 octobre 2008

Filed under: Roman — Françoise B. @ 5:10
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Autrefois, avec la même rigueur qu’on se doit de finir son assiette, je terminais toujours un livre commencé.

Aujourd’hui, par mollesse ou par sagesse, il m’arrive, après un noble effort, de capituler…  c’est ce qui s’est passé dernièrement. Cela faisait des jours et des jours que, l’âme en peine, je reprenais le fil de la lecture d’un roman des plus ennuyeux. Je tairai son titre, car, allez savoir, vous l’avez peut-être lu et apprécié. Disons, pour ne pas trop m’avancer, que c’est un roman à  la couverture rouge.

Bref, un de ces derniers soirs, j’ai reposé le roman rouge pour un sommeil doux et profond. Le lendemain, je l’avais exilé et remplacé par un bouquin plus modeste en taille, écrit par une romancière belge très connue qui brille par sa singularité depuis toute jeune dans les médias et produit un roman par an avec la régularité d’un métronome… mais oui, vous l’avez dans le mille… c’est bien le dernier roman d’Amélie Nothomb qui a eu le plaisir et l’honneur de détrôner le vilain livre rouge en question. Deux pages de Le fait du prince ont suffi à reléguer ce pauvre au fin fond de ma pile.
On pourrait qualifier Amélie Nothomb de « pondeuse » de bestellers ; on pourrait même être lassé de cette production quasi industrielle. N’en déplaise à ses détracteurs, l’histoire de ce quidam qui usurpe l’identité d’un homme venu mourir à ses pieds m’a happée pour ne plus me lâcher. Comment décrire Le fait du prince ? prenez Le talentueux Mr. Ripley de Patricia Highsmith et adoucissez-le avec un soupçon de vaudeville façon « Au théâtre ce soir ». Le résultat ? un texte énergique, bien ciselé qui m’a procuré beaucoup de plaisir à la lecture. Bravo, Miss Nothomb, pour ce sens du suspense et ce style primesautier qui rend la lecture si agréable !

Et vous, cher lecteur, si vous n’avez encore rien lu de cette romancière, vous avez le choix ! Mention particulière à  Stupeur et tremblements qui a obtenu le Grand prix de l’Académie française en 1999 et à été transposé au cinéma en 2003.

NOTHOMB, Amélie. Le fait du prince. Paris, Albin Michel, 2008
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L’empire du loft 13 octobre 2008

Filed under: Documentaire — davide @ 8:43
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Un documentaire sur la première série de loft story peut paraître désuet ; il a néanmoins l’avantage d’analyser la source du phénomène de « téléréalité » française telle que nous pensons la connaître à présent. Un des intérêts de cet ouvrage est justement de reconnaître que la « téléréalité » n’a rien d’une révolution ou même de nouveau. Jost, en déconstruisant les tenants et les aboutissants de ce genre d’émissions (il ne se penche pas seulement sur « Loft story » mais aussi sur « Les aventuriers de Koh-Lanta » et « La star academy »), donne de multiples clés qui aideront à reconnaître leurs fonctionnements particuliers et leur utilisation de la psyché humaine, tant du point de vue du lofteur/aventurier/académicien des étoiles que de celui du téléspectateur.

On peut regretter l’absence de bibliographie en fin d’ouvrage, mais ça serait ignorer les multiples notes qui renvoient à des ouvrages plus théoriques et qui permettent une approche plus approfondie du sujet.

De plus, nul besoin d’avoir son Freud pour les nuls,  son Barthes Marabout flash et d’autres sous la main, un simple Petit Robert suffira amplement pour les termes les plus cérébraux utilisés. Les analyses sont relativement limpides, et se passent de dramatisation excessive (ceci étant probablement dû à l’âge canonique (en terme de production télévisuelle) du livre.

Une bonne vulgarisation pour qui veut prendre un minimum conscience de ce que faisait la télévision quand on la laissait jouer toute seule sans surveillance dans son coin, et une mise en bouche appétissante pour ceux qui se préparent à aller plus loin dans leur effort d’identification des grosses traces brunâtres et des restes peu ragoûtants à son passage sur la moquette de la culture, maintenant que nous l’avons dotée de griffes et de crocs.

 

JOST, François. L’empire du loft. Paris, Dispute, 2002 (Des mots sur les images). 153 p.

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Spirou : retour en enfance 10 octobre 2008

Filed under: BD — florent @ 7:13
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Il y a bien longtemps que je n’avais pas ouvert un Spirou et Fantasio.

Pour moi ces personnages restaient associés à l’enfance et au génial Franquin. Alors quand un libraire m’a conseillé avec insistance ce nouvel opus, j’y suis entré un peu à reculons… Et c’est une agréable vague de nostalgie qui m’a submergé à la lecture de l’album d’Emile Bravo.

Il appartient à une série pour laquelle les éditions Dupuis proposent à des auteurs d’exprimer leur vision du groom aventurier. Emile Bravo a choisi de se pencher sur les origines de la série et sur la rencontre entre ses deux protagonistes.

Les premières aventures de Spirou, dessinées par Jijé, datent de 1938. Emile Bravo situe donc son histoire dans la Belgique de la fin des années 30. Spirou, encore au sortir de l’adolescence, est employé dans un grand hôtel de Bruxelles. L’établissement accueille les réunions secrètes entre diplomates polonais et allemands qui tentent une dernière fois de s’entendre autour de la question de Dantzig. Le jeune homme va bien malgré lui être pris dans le jeu des intrigues, de même que Fantasio, jeune journaliste arriviste pas très futé, …et même Spip l’écureuil. En ancrant son histoire dans un contexte historique, tout en gardant un certain humour, Emile Bravo donne une épaisseur rare à ces personnages. Notre nostalgie de lecteur se trouve donc confrontée à une vision moderne et critique de ce mythe de la BD. Une approche que le Franquin de l’âge d’or de la série n’aurait certainement pas reniée.

BRAVO, Emile. Le journal d’un ingénu. Marcinelle, Dupuis, 2008 (Une aventure de Spirou et Fantasio par…)
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