L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Le dernier continent 8 octobre 2008

Filed under: Fantasy,Roman — nicole @ 8:52
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Entrez, entrez dans le disque-monde, venez voir le plus grand des anti-héros sauver à nouveau le monde, rencontrez les mages de l’Université de l’Invisible en villégiature, pardon en travail de recherches, sur une plage tropicale, découvrez le « dernier continent », le mythique Iksiksiksiks en pleine création et déjà à l’agonie, même la Mort ne peut s’empêcher de venir jeter un œil dans cette histoire, il est vrai qu’il surveille avec beaucoup d’intérêt le maje Rincevent (non, non, ni faute de genre, ni faute de frappe) qui est au Héros ce qu’un trou noir est à une super nova…

Le rideau est tiré, regardons la scène, (si vous avez un esprit plutôt cartésien, j’ai peur que vous n’aimiez pas beaucoup Pratchett…) Donc d’une part un mage largué, nul ne sait pourquoi, surtout pas lui, sur le continent Iksiksiksiks, pays rouge de chaleur, débarrassé de tout serpent par l’animosité d’araignées psychopathes, où la pluie est une élucubration de cerveau dérangé (l’eau c’est lourd et donc ça ne peut pas tenir en l’air). Pendant qu’il essayera de fuir ses responsabilités (un kangourou l’a en effet chargé de faire revenir la Mouille et donc de sauver le monde) il rencontrera quelques personnages intéressants. Si le continent quatreiks présente quelques similitudes avec l’Australie, les rencontres de Rincevent pourraient évoquer quelques célébrités de ce continent comme Mad Max, Priscilla, folle du désert, j’ai même cru reconnaître un bâtiment qui ressemble à une (très grande) boîte de mouchoirs ouverte dans laquelle on chante des airs d’opéra. (Voilà d’ailleurs un excellent prétexte pour vous prouver que Monsieur Pratchett n’est pas du tout aussi loufoque que vous pourriez l’imaginer : quand vous aurez compati aux malheurs du chef-cuisinier de l’Opéra, allez donc vous renseigner sur Helen Porter Mitchell, une soprano australienne ; en fait il est encore plus loufoque que tout ce que vous avez pu imaginer, mais il est probablement cultivé et très bien documenté…). Vous apprendrez également à parler « iksiksien », ou tout au moins à faire semblant de le comprendre, chantonnerez les merveilleuses ballades du pays et bien sûr vous baignerez dans le temps du rêve et l’art aborigène.
D’autre part les mages de l’Université de l’Invisible qui recherchent Rincevent qui non seulement doit sauver le monde mais est aussi le seul à pouvoir guérir le Bibliothécaire transformé il y a bien longtemps en orang-outan (et fort heureux sous cette forme, imaginez : quatre mains pour classer et tamponner ses livres…) et souffrant actuellement d’un désordre morphique très gênant. Au cours de leurs recherches ils passent dans un espace spatio-temporel très différent de leur glaciale université dans lequel ils vont bien entendu se retrouver coincés (Pratchett ne crache pas sur certaines techniques narratives classiques de la littérature fantasy). D’un autre côté ils se retrouvent quand même sur une île aussi paradisiaque que tropicale et ils disposent d’un ego et d’une auto-suffisance qui les empêchent de se soucier d’être à des milliers d’années de chez eux. Après de nombreuses aventures (c’est de la fantasy après tout) tout ce beau monde va bien entendu se retrouver en même temps au même endroit, Rincevent va une fois de plus sauver le monde, mais restera quand même le mage le plus nul du multivers et le Bibliothécaire sera guéri.

Mais avant cela, vous aurez pu profondément méditer sur la création du monde puisque vous rencontrerez un dieu à tendance « créationniste mécanique » et un de ses collègues plutôt rêveur et vous saurez enfin pourquoi l’ornithorynque…

Enfin voilà, c’est ce que moi j’ai lu dans Le dernier continent et je me réjouis de savoir ce que vous, vous y avez lu ou y lirez.

Quelques, maigres j’en suis sûre, références que je n’ai pas loupées :

Helen Porter Mitchell

Priscilla, folle du désert de Stephan Elliott

Mad Max de George Miller

Le temps du rêve

Le créationnisme

L’art aborigène

L’Opéra de Sydney

La langue

Banjo Paterson pour la ballade du voleur de bush

et si vous voulez l’entendre : Waltzing Matilda

… En fait même les chameaux, c’est vrai, enfin presque, casse pas la tête…

PRATCHETT, Terry. Le dernier continent. Nantes, Atalante 2003 (Les annales du disque-monde ; 22)
Disponibilité

 

One Response to “Le dernier continent”

  1. davide Says:

    excellente critique, à laquelle je me permets néanmoins de rajouter quelques références d’ordre gastronomique, à commencer par le nom dudit continent (http://en.wikipedia.org/wiki/Xxxx)
    ainsi que le passage où Rincevent fait bouillir divers aliments dans une canette de bière, et qui revêt diverses symboliques que l’on soit australien (http://fr.wikipedia.org/wiki/Vegemite), britannique (http://fr.wikipedia.org/wiki/Marmite_(aliment)) ou encore suisse (http://fr.wikipedia.org/wiki/Cenovis)


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