L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Bientôt le 500ème anniversaire de la naissance de Calvin 27 novembre 2008

Filed under: Documentaire — Françoise A. @ 3:33
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Au moment où l’on s’apprête à fêter le 500e anniversaire de la naissance de Calvin, il est intéressant de lire ou de rimages3elire cet ouvrage de Stefan Zweig, écrit en 1936.

Le moins qu’on puisse dire est que Stefan Zweig ne portait pas Calvin dans son cœur. Le réformateur y apparaît comme un dictateur rabat-joie : fêtes interdites (sourire pendant un baptême vous vaut trois jours de prison, fêter les Rois un seul), vêtements et nourriture sévèrement contrôlés… La liste des interdits est fort longue…

Le seul point positif qu’il accorde à Calvin, c’est que celui-ci a été fidèle à ses idées depuis son “ Institution de la religion chrétienne ”. Mais à quel prix … Zweig nous montre à quel point Calvin est persuadé de détenir la vérité : l’humaniste Castellion, d’abord appelé pour enseigner au collège, s’exile à Bâle devant le refus de Calvin qu’il devienne  ministre de Dieu  et qu’il entreprenne une nouvelle traduction de la Bible.. Michel Servet, lui, a réussi à se mettre à dos et les catholiques et les protestants en proclamant que la doctrine de la Trinité doit être abandonnée. Mais c’est Calvin qui le fait juger et condamner, après avoir vainement tenté que ce soit l’Eglise catholique qui le fasse !

Lorsque Servet est brûlé vif à Champel en 1553, l’émotion est grande chez les humanistes : condamner au bûcher quelqu’un qui ne pense pas comme vous revient à recréer une inquisition et rompt avec la  liberté du chrétien proclamée par la Réforme. Castellion est le seul intellectuel à prendre la plume, avec prudence, puisque c’est sous le pseudonyme de Martinius Bellus qu’il publie son “ Traité des hérétiques ”. En citant la Bible, il démontre que la notion d’hérétique n’existe pas dans les Ecritures, et que l’emploi de la peine capitale n’y a jamais été recommandé.

A propos de Genève au temps de Calvin, Zweig écrit :  C’est la première tentative d’uniformisation absolue de tout un peuple qui est entreprise ici, au milieu de l’Europe, au nom d’une idée.

On ne peut malheureusement pas dire que ce fut la dernière.

ZWEIG, Stefan. Conscience contre violence ou Castellion contre Calvin. Bègles, Castor astral, 1997

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Notre côté féminin 18 novembre 2008

Filed under: Divers — florent @ 10:30

Oui bon d’accord, mon titre est un peu facile. Autrement, quoi, quelle autre alchimie me ferait guetter chaque jour fébrilement si Pénélope nous a livré un nouveau dessin sur son blog ? Et je ne suis pas le seul… les nombreux articles de sa revue de presse semblent s’accorder sur 25’000 accros quotidiens!

Peut-être est-ce trait parfait qui sait croquer en un dessin bourré d’humour les petits tracas du quotidien ? Comme ici devant sa vaisselle…

Bref, cette charmante jeune femme, Parisienne, artiste, branchée, dynamique… est susceptible de parler à toutes et tous. Savoir que je ne suis pas le seul à laisser s’accumuler la vaisselle, voilà qui est rassurant.
Et pour ceux qui ne souhaitent pas rester branchés trop longtemps, des morceaux choisis de son blog ont été édités :

Ma vie est tout a fait fascinante dans le catalogue des BM

Bagieu, Pénélope. Ma vie est tout à fait fascinante. Paris, Gawsewitch , 2008 (Tendance fille)

 

L’autre fin du monde 11 novembre 2008

Il y a des jours où je suis vraiment heureux d’être bibliothécaire! Surtout quand je peux sélectionner des bandes dessinées et les lire avant tout le monde. Non je plaisante, je les propose d’abord en exposition, avant de me ruer sur celles qui m’intéressent après deux jours. Question de déontologie, qu’est-ce que vous croyez!

C’est le cas de L’autre fin du monde de l’auteur bien connu des romands bdphiles: Ibn Al Rabin. Après diverses bd autopubliées, le Genevois publie chez Atrabile un véritable ovni dans le paysage de la bd contemporaine. Vu son format particulier et son épaisseur (plus de 1000 pages), on pourrait presque parler d’un pavé dans la mare. Quelle est l’intrigue qui se cache derrière ce titre mystérieux? Sans trop en dévoiler, voici un résumé du scénario.

Milch habite seul dans une vieille demeure en lisière de forêt héritée de sa femme décédée il y a peu. Sujet à de fréquentes insomnies, il reçoit chaque soir la visite du fantôme de sa femme avec qui il essaie de communiquer. Malgré tous ses efforts elle reste muette.

Troublé, Milch recherche un moyen d’oublier ces apparitions, d’abord grâce à l’aide d’un médecin, puis d’un psychiatre ambitieux. Bien entendu, personne ne croit à son histoire ! D’autant que Milch consulte le médecin pour savoir s’il est sourd! Eh oui, étant donné qu’il ne peut pas entendre ce que raconte le fantôme de sa femme…

En parallèle, un couple est à la recherche d’un mystérieux chef d’œuvre littéraire supposé avoir été écrit par un aviateur fantasque ayant habité la demeure de Milch. Le fantôme de cet aviateur rôde également dans les parages. Il essaie lui aussi de communiquer avec le fantôme de la femme de Milch qui refuse toujours de parler. Elle accepte toutefois de le suivre pour de longues promenades qui égayent ses errances fantomatiques habituellement solitaires.

D’autres personnages savoureux, dont le frère du psychiatre et ancienne connaissance de Milch, mais aussi le maire de la ville, des policiers décérébrés et bien d’autres encore, seront entraînés dans une histoire de plus en plus délirante. Milch réussira-t-il à retrouver sa sérénité ?

Voilà pour l’intrigue. Le dessin particulier de Ibn Al Rabin, que certains esprits chagrins qualifieront  de « minimaliste », renforce, selon moi, l’attrait d’un scénario possédant plusieurs niveaux de lecture.

J’ai particulièrement apprécié les dialogues savoureux et le côté décalé de l’intrigue. Les personnages sont touchants d’humanité, et ce malgré des silhouettes invariablement noires. Impossible de les confondre au fil des pages. Quel talent! Quel humour!

Je conseille toutefois aux lecteurs peu habitués à ce genre de bd de s’accrocher un peu au début. Après 30 ou 40 pages, on s’habitue très bien au dessin et on dévore le reste sans difficulté.

Pour ceux qui le désirent, il est possible de retrouver Ibn Al Rabin sur son propre site à l’adresse suivante : http://www.atrabile.org/ibn-al-rabin/ .

IBN AL RABIN. L’autre fin du monde. Genève, Atrabile, 2007

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Joe Speedboot 7 novembre 2008

Filed under: Roman — Françoise A. @ 10:30
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Joe Speedboot est apparu dans la vie du petit Frans et de tout le village de manière fracassante. Son père s’est tué au volant de son camion en entrant sans prévenir dans le salon d’une bonne famille du village. Le fameux Joe est resté en vie, de même que sa mère et sa soeur India. Le petit Frans est fasciné, il n’est pas le seul, ses copains aussi ; il faut dire que Joe n’a peur de rien ni de personne, d’abord Joe Speedboot ce n’est pas son vrai nom, mais il refuse obstinément de révéler son nom et prénom d’origine. Frans les apprend plus tard et en restera tout déçu.  De plus, Joe est un chercheur, un inventeur : il expérimente une bombe qui le blesse à la main, puis se lance dans la construction d’un avion avec des moyens de fortune, tout ça pour observer la mère de P,J. quand elle fait du nudisme, ça en jette et fait rêver tous ses copains. Et en plus, il y arrive,l’avion décolle sur la glace, et Frans est à son bord… (more…)

 

Un crochet par le Portugal 5 novembre 2008

Filed under: Roman — Roane @ 10:46
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Il existe heureusement des romans qui en quelques lignes nous transportent d’aise et en plus, ailleurs. Avec le « Le Dieu manchot » on ne rate pas son atterrissage au Portugal, en plein 18ème siècle. Tout y est : l’odeur des vieux quartiers de Lisbonne, le cri des sorcières brûlées sur la place principale, les lamentations des nonnes du couvent d’Ovidelas engrossées par le roi Jean V, les pleurs de la reine qui peine à tomber enceinte. L’histoire débute au moment où ce roi soleil portugais (aux mêmes rêves démesurés que son « cousin » français) décide de construire un magnifique couvent à Mafra, à une quarantaine de kilomètres au Nord de la capitale, pour remercier Dieu de lui avoir enfin accordé un enfant (légitime et donc héritier). Parallèlement à la grande Histoire, débute l’histoire de la jeune Blimunda Sept-Lunes qui va croiser celle de Balthazar Sept-Soleils. Au premier regard ils vont s’aimer. Ajoutons que pour Blimunda c’est facile de savoir qu’il est l’homme de sa vie car elle lit à l’intérieur des gens… (more…)