L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

La piscine-bibliothèque 2 février 2009

Filed under: Roman — davide @ 10:59
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swimmingpoollibraryJ’ai l’habitude de me répéter, cela me rassure et me réconforte. Cependant, j’ai récemment remarqué qu’une collaboratrice de ce fraternel espace de dialogue virtuel s’évertue à essayer de nous faire gober QU’UN CERTAIN écrivain britannique écrit des livres pas mal.

Et bien soit, il ne sera pas dit que je ne sais pas m’aligner sur la bourgeoisie locale, et vous faire part du bonheur qu j’ai eu à lire ENCORE un livre d’Hollinghurst, j’ai nommé La piscine-bibliothèque, son premier ouvrage.

Si vous n’êtes pas banquier privé ou consultant, vous n’avez probablement pas le temps de lire l’intégralité de lhibouquineur, et je me permets de vous rappeler qu’ayant lu le dernier Hollinghurst (La ligne de beauté), j’ai apprécié l’efficacité et la beauté de l’écriture, ainsi que la justesse de l’observation d’une certain société britannique ayant autant d’avenir et d’utilité sociale que le célèbre monocyle à quatre pédales.

La piscine-bibliothèque est aussi bien écrit, avec juste ce qu’il faut de personnages pas forcément excentriques, justes crédibles de manies. On flâne au gré des pages en compagnie de William Beckwith, jeune pair du royaume dont l’occupation principale dans la vie est de se trouver les petits amis les plus exotiques possible, et dont l’exercice principal consiste à se rendre à son club (tout un programme que je vous laisse découvrir), jusqu’à sa rencontre fortuite avec Lord Nantwich, reine vieillissante mais toujours active, qui lui demande avec insistance de rédiger ses mémoires. A partir de là, on partage sa lecture entre l’enquête un peu molle que le jeune héros va mener à la disparition de sa dernière conquête et le mettra face à la dure réalité d’une société anglaise que l’on ignore habituellement, et un florilège des journaux intimes du vieux Lord, de son éducation très privée d’oxfordien déluré jusqu’à ses voyages en une Afrique qui n’a cesse de le fasciner pour des raisons de plus en plus personnelles.

Au fil du roman, Beckwith trouve dans ces billets d’un autre temps le refuge à une réalité assez sordide dans la vie de Lord Nantwich, certes privilégiée mais remplissant néanmoins son quota d’amour, jusqu’à ce que l’histoire ne rattrape le présent en une conclusion qui m’a au début laissé sur ma faim, mais qui à le mérite d’être la plus juste possible.

Les histoires d’aristocrates me restent assez en travers de la gorge lorsqu’ils ne s’en prennent pas plein la face, mais une fois de plus l’écriture de Hollinghurst m’a pris et ne m’a pas lâché, tant il arrive avec subtilité à faire parler ces personnages bien particuliers, chacun de leur accent différent, mais je suis comblé  surtout par son habilité à faire plonger cette classe aristocratique a priori sans soucis dans la pataugeoire vaseuse et glacée du réel sans pour le moins essayer de nous faire croire qu’un tel traitement de choc peut être suivi d’une quelconque épiphanie, mais en nous faisant expérimenter à travers leurs désarrois tous ces phénomènes (par exemple au hasard : ratonnades homophobes ou mobbings xénophobes) que l’on a l’habitude de voir sur une page ou un écran, mais dont les implications et les conséquences nous échappent immanquablement.

 

HOLLINGHURST, Alan. La piscine-bibliothèque. Paris, Bourgeois, 1991. 455 p.

Disponibilité

 

 

2 Responses to “La piscine-bibliothèque”

  1. Armeno Says:

    Les auteurs insulaires sont effectivement à l’honneur plus souvent qu’à leur tour! Généralement, je suis preneur, mais j’avoue que cette description de « la piscine-biliothèque » ne rentre que peu dans mes aspirations de lecture. Je ne suis ni banquier privé, ni consultant (tout en arrivant quand même à faire un saut de temps à autre sur l’hibouquineur !), mais la lutte des classes me semble d’un autre temps et je ne vois heureusement pas la réalité d’aujourd’hui – surtout dans nos contrées – comme une pataugeoire vaseuse et glacée, mais plutôt comme un lac sous la douceur d’un soir d’été pour qui veut bien voir un verre à moitié plein. Je laisserai donc Hollinghurst avec ses personnages excentriques pour l’instant…

  2. davide Says:

    et bien sortons le chamapagne Armeno vous êtes MON TOUT PREMIER COMMENTAIRE (!), et même si je n’ai pas réussi à vous convaincre de lire ce livre (qui peut certainement être lu de manière moins tragique que je ne l’ai fait), et que votre vision de notre réalité est clairement plus teintée de rose que mes sous-vêtements thermolactyl(tm) à l’issue de ma dernière lessive, je vous remercie chaleureusement pour votre effort et vous encourage, vous et tous vos amis, à commenter autant d’articles de l’hibouquineur qu’il vous plaira.
    encore merci et bonnes lectures.


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