L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Les cent vies de Roza 27 mai 2009

Filed under: Divers — Dominique @ 5:30
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bernieresSoit un quadragénaire, Chris, marié depuis la nuit des temps à celle qu’il appelle « la Grosse Miche de Pain Blanc », ce qui en dit long sur l’affection débordante qu’il lui porte, et père d’une fille absente, représentant pour une entreprise pharmaceutique. En gros, un type qui s’ennuie ferme… Dans ce paysage maussade et plat comme un pain pita sans sel, l’apparition dans une rue de Londres de la belle Roza en minijupe et cuissardes constitue la plus alléchante des visions… Même si Chris n’est pas du genre à fréquenter les prostituées, il l’aborde et, face à l’indignation de la dame, se rend compte de sa méprise. Elle va tout de même accepter qu’il la reconduise dans son squat miteux et sans toit, qu’elle partage avec un clone de Bob Dylan et l’invite à revenir prendre un café quand il voudra. Notre Chris est déjà tout amoureux… Dès qu’il le peut, le revoici donc frappant à la porte de Roza, puis assis en face d’elle, tout enamouré et tâchant de cacher son trouble, à l’écouter qui raconte sa vie en buvant du thé et en fumant cigarette sur cigarette.  Jour après jour, il est là, envoûté, l’oreille ouverte et l’oeil humide de désir, à entendre le récit de cette jeune femme, née en Yougoslavie d’un père serbe et partisan de Tito. De sa vie, on pourrait faire un livre (comme quoi…), tant elle a connu d’aventures. Et elle ne cache rien à un Chris atterré lorsqu’elle évoque les hommes qu’elle a aimés… Même si le roman se place davantage du point de vue de Chris, Roza est la narratrice de quelques chapitres et l’on sait à quel point elle s’attache peu à peu à son amoureux transi, alors qu’on pourrait penser qu’elle ne le considère que comme une grande oreille où se déverser. Les jours, donc, passent, les thés se boivent, les cigarettes se consument, les paroles se répandent, et le désir est toujours là, s’amplifiant… Il y a un tel contraste entre la jeune femme qui a vécu cent vies et l’ennuyeux représentant de commerce qu’il est pertinent de se demander
1° comment ces deux-là ont pu être attirés l’un par l’autre
2° si ça peut vraiment aller plus loin
Et puis un jour, la phrase de trop est prononcée, déclenchant le cataclysme et mettant fin aux fous espoirs de Chris.
Louis de Bernières est Anglais, comme son nom ne l’indique pas, il a vécu longtemps en Amérique du Sud, grâce à quoi on lui doit, entre autres, La mandoline du capitaine Corelli et Señor Vivo et le baron de la coca, des romans qui rappellent, à ce qu’on dit, Gabriel Garcia Marquez. Je ne pourrais pas le certifier moi-même, puisque je ne les ai pas lus, mais ce sera fait… Car j’ai beaucoup aimé cette Fille du partisan, un roman à l’écriture ciselée qui m’a tenue en haleine jusqu’à son dénouement.

Disponibilité

BERNIERES, Louis de. La fille du partisan. Paris, Mercure de France, 2009 (bibliothèque étrangère)

 

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