L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Dieu voulait-il vraiment ça ? 15 juin 2009

Filed under: Roman — Dominique @ 10:41
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ammanitiDans la famille des jeunes auteurs italiens, Niccolo Ammaniti est un incontournable. Chef de file du mouvement Cannibale qui a vu le jour dans les années 90, il est l’auteur de quatre autres livres, dont le dernier (de loin pas le meilleur à mon avis), Je n’ai pas peur, avait connu un très grand succès. Quand j’ai vu arriver sur nos rayons Comme Dieu le veut, j’avoue que je me suis un chouïa méfiée, tant il est vrai qu’un nombre alarmant d’auteurs a tendance à se reposer sur ses lauriers en nous livrant de la littérature qui, de flamboyante à ses débuts, devient médiocre et sans intérêt. Cette introduction pour vous situer le contexte dans lequel je me suis surprise à tourner fébrilement les pages de Comme Dieu le veut. Pour être plus précise, je ne l’ai pas lâché.
On est en Italie, dans une petite ville qui pourrait se situer n’importe où, pour autant que ce soit dans le nord (oubliez les paysages verdoyants de la Toscane, le soleil de plomb sur Naples ou la terre asséchée des Pouilles) car il y fait un froid de canard, on voit la neige se transformer en gadoue et il pleut sans discontinuer. Surtout cette nuit-là, la nuit qui va transformer à tout jamais le destin de ceux qui se croisent dans ce roman quelque peu apocalyptique. Cristiano est un ado rebelle, qui vit avec son père Rino, nazi, alcoolique et chômeur. Ils sont l’un et l’autre tout ce qu’ils ont au monde et se méfient des services sociaux qui menacent de les séparer. Danilo a vu sa femme le quitter après la mort de leur fille et de l’inexorable descente dans l’acoolisme qui en a découlé, Quatro Formaggi, resté handicapé après avoir été foudroyé, est un peu l’idiot du village. Ces trois-là, les laissés pour compte de la société, décident de faire le casse d’un distributeur automatique de billets. Rien, mais alors rien, ne se passera comme prévu, à cause de l’alcool, de cette foutue tempête, de problèmes mécaniques, du chômage, de la société, de Berlusconi…
Critique d’une société qui broie les individus les plus faibles pour le profit des plus nantis, ce roman peut certes paraître excessif de pessimisme, mais on se laisse embarquer dans ce bateau qui vogue sur une mer déchaînée jusqu’à la noyade finale et désespérée. Violence, sang, alcool, maladie, pauvreté et mort sont les ingrédients du funeste bouquet final qu’Ammaniti nous laisse à contempler. Ames sensibles, donc, accrochez-vous…

AMMANITI, Niccolo. Comme Dieu le veut. Paris, Grasset, 2008

Disponibilité

 

One Response to “Dieu voulait-il vraiment ça ?”

  1. davide Says:

    je doute un peu qu’un roman de société contemporain italien puisse être excessif de pessimisme.
    c’est aussi pour cela que je n’ai pas le courage de lire un tel livre en ce moment. et je vous encourage donc tous à le lire. s’il vous plaît.


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