L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Le chemin des Anglais 18 juillet 2009

Filed under: Roman — Françoise B. @ 9:00
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 SolerLe chemin des Anglais trônait désespérément  depuis plusieurs semaines sur son présentoir de bibliothèque sans que personne ne songe à l’emprunter. Qu’est-ce qui m’a poussée à m’en emparer ? En tout cas pas sa couverture blanche aussi discrète que peu causante. Peut-être son titre, promesse d’une belle histoire romantique ? Non, je crois que c’est plutôt le souvenir qu’Antonio Soler a obtenu, mais oui, le prix Nadal 2004 pour ce roman. En tout cas, cette lecture a été pour moi la découverte d’un auteur planant dans la littérature de haut vol.
De quoi parle le roman ?  Dans une ville andalouse proche de la mer, un groupe d’adolescents vit son dernier été de lycéens avant d’amorcer qui des études, qui un travail… Il y a Paco Fronton, dont le père séjourne périodiquement en prison pour affaires, frauduleuses, le Babiroussa,  un écorché vif au psychisme fragile, Rafi Ayala, expert en tortures sur chats, Miguelito Dávila, le protagoniste principal qui, sur lit d’hôpital, s’est découvert une vocation de poète grâce à Dante. Les personnages féminins ne sont pas en reste :  la  Dondon de la Cala offre ses chairs rebondies à qui veut. La Demoiselle au casque carthaginois brille par son étrangeté. La belle Luli Gigante, LA Beatrice de Miguelito, couve une ambition démesurée de danseuse.
Luli et Miguelito vivront une belle idylle jusqu’à ce que le nain Martinez, déplaisant personnage au possible, s’en mêle. L’histoire est racontée par un mystérieux narrateur qui faisait partie de la bande de jeunes mais qui, étrangement, jamais ne se dévoile.
Cette galerie de portraits vous aura fait présager qu’on a affaire ici à un roman tout sauf gentillet : on nage plutôt dans une atmosphère sombre où tous les rêves sont à la fin broyés impitoyablement. Plongé dans ce bain de noirceur où la cruauté se taille une bonne part, le lecteur aura parfois envie de demander grâce… cela a été mon cas à un moment donné. Mais Soler s’est révélé un sacré ensorceleur qui m’a tenue en haleine jusqu’au bout de la dernière ligne. Je n’étais pourtant pas très enthousiaste au départ !
Cet écrivain possède en effet une écriture magnifique portée par de superbes élans poétiques. Et puis, finalement, l’idée du romantisme insufflée par le titre s’est révélée juste d’une certaine façon : l’été finissant, l’amour trahi, la nostalgie, les références à la nature ne sont-ils pas des thèmes chers aux romantiques ?
Encore un mot pour vous dire que ce roman a été transposé au cinéma. Le film porte le même titre que le livre et a pour acteur principal le célébrissime Antonio Banderas.

SOLER, Antonio. Le chemin des Anglais. Paris, Albin Michel, 2007. (Les grandes traductions). 373 p. 

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