L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Gatsby le magnifique 29 juillet 2009

Filed under: Roman — davide @ 9:00
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gatsbyN’est-il pas fascinant de découvrir un auteur inconnu par la seule force de son imagination, sans consulter d’encyclopé-wiki-page myspace ? Cela m’a fait beaucoup de bien avec Dorothy Parker, et fut également agréable avec Fitzgerland, à travers son plus grand roman : Gatsby le magnifique.
Comme Parker, Fitzgerlad devait être un observateur acéré des comportements de son époque, en particulier ceux de la moyenne à haute bourgeoisie (il aurait probablement parlé d’aristocratie, mais sans châteaux pas d’aristos. Demandez donc à d’Ormesson). Il a le goût du mot juste, de la phrase tournée à la cuillère à mélange qui suscite très EXACTEMENT le niveau idéal de nostalgie, d’émotion et d’humour, qui épaissit un personnage sans le rendre lourd et qui surtout, surtout, raconte une histoire intéressante.
Ceci étant dit, Fitzgerald n’était pas seulement une jolie plume. En lisant ce livre, j’ai été frappé plus d’une fois par l’impression d’être face à un commentaire d’ordre (et je ne vais pas faire des heureux) POLITIQUE.
Je m’explique : que Fitzgerald mette en scène des individus riches  au point que cela en affecte leur intelligence et leur discernement est une chose ; l’ennui, les tentatives désespérées de trouver une activité qui leur donne un tout petit indice d’humanité  sont très bien décrits et constituent une bonne partie de cette œuvre (écrite et filmée, d’ailleurs). Mais c’est l’humour grinçant et proche du zéro absolu de certaines descriptions (prenons, à tout hasard, la scène où l’héroïne fond en larmes devant la vision d’opulence d’une pile de chemises anglaises, ou encore la consternation atterrée du narrateur qui a pleinement conscience de la vacuité des épisodes auxquels il participe), qui me font dire, ou plutôt suspecter, qu’il n’y avait, et n’y a, rien d’innocent  dans ce petit roman.
Enfin, il faut relever le rôle et la voix si particuliers du narrateur, qui loin d’être le héros ou même le personnage principal du roman, semble plutôt faire office de témoin d’événements sur lesquels il n’a aucune prise, mais dont il ne peut détourner les yeux. Ce mécanisme permet ainsi de mettre en scène des personnages un peu caricaturaux tout en voyant leurs agissements avec un minimum de distance, tout en lisant l’histoire « de l’intérieur », pour ainsi dire.
Du coup, on referme ce livre en se demandant où a bien pu passer le roman léger et un peu piquant que l’on pensait avoir commencé, et à quel moment il a été remplacé par ce brûlot désenchanté issu de ce qui devait être l’apogée de l’âge d’or de la première puissance mondiale.

FITZGERALD, Francis Scott. Gatsby le magnifique. Paris, Grasset, 2007 (Les cahiers rouges, numéro). 258 p.

Disponibilité

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One Response to “Gatsby le magnifique”

  1. Talents Says:

    Bonjour

    Un livre à lire en priorité. Le film est très captivant aussi.
    J’ai découvert le film à 16 ans puis un livre.

    Chaque fois que je tombe sur internet sur une présentation des images me reviennent. Par exemple Gatsby le magnifique – tellement riche qu’il ne remet jamais deux fois les mêmes vêtements.

    N’hésitez pas.

    Frédéric


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