L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Déraison 24 août 2009

Filed under: Divers — davide @ 8:00

deraisonUne fois n’est pas coutume, j’ai été surpris par une lecture ; le collègue (préservons son anonymat et appelons-le Tony L. ou plutôt non, T. Larsen) qui m’avait suggéré la lecture de Black Hole m’a récemment approché avec une stratégie sournoise comparable à la technique ninja dite du pingouin furtif, et m’a asséné deux livres qu’il jugeait essentiels à ma culture. Ou quelque chose de cet ordre. L’un de ces ouvrages (vous n’échapperez à l’autre que quelques semaines) est Déraison. Les premières pages s’auguraient plutôt bonnes, le narrateur étant le genre de psychomalade qui s’ignore qui me fait toujours chaud au cœur, et les phrases longues d’une page, ainsi que l’obsession et la paranoïa qu’il transpire m’étaient plutôt sympathiques. D’autant plus que le contexte dans lequel se déroule l’histoire (rétrospection politico-religieuse mais surtout bien hypocrite sur le génocide des populations indigènes au Guatemala) me parle particulièrement ; il faut également relever que l’auteur a su parfaitement marier l’absurdité cauchemardesque de ces massacres avec les prédispositions du narrateur déséquilibré, et que sa descente en spirale dans la folie, accélérée par les « rencontres coquines » auxquelles il s’accroche comme un adolescent moyen à son téléphone portable n’est pas dénuée d’humour. Ainsi on passe d’horreur à humour sans véritable rupture, ce qui peut être déconcertant pour celui qui n’a pas fait ses classes dans ce genre de fiction (si c’est le cas commencez donc par l’American psycho de Bret Easton Ellis).
Néanmoins, il est arrivé un moment où j’ai un peu commencé à saturer et à trouver ce mâle chauvin imbu de lui-même au point de refuser de se soigner parfaitement insupportable, et c’est LÀ qu’est intervenue la chute de l’histoire, à savoir une bonne douche froide suivie d’une salutaire paire de baffes en guise de retour à la réalité, où du moins la réalité telle que je la perçois. Mais bon. Arrêtons-nous en là.

CASTELLANOS MOYA, Horacio. Déraison. Montréal, Allusifs, 2006. (Les allusifs, 42) 140 p.

Disponibilité

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2 Responses to “Déraison”

  1. chantal Says:

    si tu veux continuer ta ballade en compagnie de cet auteur sombre et merveilleux, je te conseille « bal des vipères » toujours chez le même éditeur, celui-la se passe au Mexique, ambiance glauque et alcoolisée, la peur, la déchéance et le soupçon sont au rendez-vous, en tous cas dans mes souvenirs brumeux…
    bonne lecture!

  2. Chantal Says:

    En fait je me suis trompée de titre, il s’agit de  » là où vous ne serez pas » !!!
    sorry!


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