L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

David Sedaris à cheval 4 septembre 2009

Filed under: Divers,Roman — Dominique @ 8:00
Tags:

sedarisC’est curieux comme certains auteurs américains de talent connaissent un retentissant succès outre-Atlantique alors qu’ils ont beaucoup de peine à être reconnus chez eux. David Sedaris en constitue un contre-exemple flagrant : il n’est vraiment pas aussi populaire ici qu’aux Etats-Unis où il fait véritablement figure d’amuseur public. Et pourtant le fait qu’il a vécu en France et que l’un de ses livres s’intitule Je parler français aurait pu et dû contribuer à sa notorioté. On connaît des auteurs qui ont fait des différences culturelles entre leur pays d’adoption, la France, et leur pays natal, que ce soit l’Angleterre ou les Etats-Unis, leur fond de commerce et cela avec un succès parfois prodigieux. Sedaris est un type qu’on entend à la radio et qu’on voit dans les shows télévisés. Il est l’auteur de sept livres, dont cinq ont été traduits en français. Je suis très à cheval sur les principes est le premier que je lis mais pas le premier que j’ouvre. Il y a quelques années, une amie m’avait mis dans les mains Delirium tremens qui l’avait fait pleurer de rire (mon amie est très bon public) mais j’avoue que l’humour, que j’avais trouvé un peu potache et tenant de l’esbroufe, m’avait rapidement gavée, comme disent les jeunes.
Attirée par la couverture de Je suis très à cheval sur les principes, qui représente un portrait stylisé et très ressemblant de l’auteur, et forte de l’adage selon lequel il n’y a que les benêts qui ne changent pas d’avis, je me suis lancée avec curiosité d’abord, délice ensuite, et grand bonheur enfin dans les scènes croquées avec beaucoup d’esprit par Sedaris. Sur de son carnet de notes qui ne le quitte jamais, il décrit les petits riens de la vie auxquels il lui est donné d’assister ou qu’il a lui-même vécus.
On croise ses parents qui sont devenus propriétaires d’un champignon (de type vénéneux) en béton d’un mètre de haut avec un mignon troll se reposant à son pied. On voit le dos de Hugh, son compagnon, qui marche beaucoup trop vite pour lui et qui a l’art de se fondre dans la foule, (dos qui constitue d’ailleurs le principal souvenir qu’a David des villes étrangères qu’il a visitées). On écoute un chauffeur de taxi, qui l’entretient avec une intimité tout à fait déplacée de ses aventures sexuelles, alors qu’ils sont bloqués dans un bouchon et que, par conséquent, la possibilité de fuite avoisine le zéro. On visualise David qui fait la chasse aux mouches pour nourrir une araignée, David qui fume et boit (« En Europe, du moment que vous n’habitez pas à moitié à poil dans la rue à boire de l’antigel dans une vieille godasse, vous n’êtes pas alcoolique, vous êtes juste un « joyeux luron » ou « un bon vivant » »… ), David qui part trois mois à Tokyo pour arrêter de fumer (avec succès)…
Ca n’a l’air de rien mais cheminer avec lui qui pointe du doigt à notre intention ces petits riens insignifiants est un bonheur sans partage. Il a l’art de la métaphore, de la description qui fait mouche, de la remarque qui tue.
J’ai fini par faire comme mon amie, j’ai pleuré de rire…

SEDARIS, David. Je suis très à cheval sur les principes. Paris, Olivier, 2009. 292 p.
Disponibilité

Publicités
 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s