L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Cancer and the City 27 octobre 2009

Filed under: BD,Biographie — Roane @ 11:41
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P1010197Témoigner de son cancer, c’est plutôt fréquent dans le monde des livres. Mais choisir de passer par la bande dessinée, voilà qui est plus rare, peut-être même unique et je ne peux donc que vous pousser à y jeter un oeil, le reste devrait suivre, tant ça remue.
Lorsqu’à 43 ans, Marisa Acocella Marchetto apprend qu’elle a un cancer du sein, c’est le « trou noir » dit-elle. Sur un fond bleu, des yeux apeurés. Au-dessous, de grosses lettres blanches surgissent du noir :
« Pétrifiée pour l’éternité dans l’immensité du néant et plongée dans une obscurité épaisse… Avec pour seul souhait de revenir à mes obsessions narcissiques et futiles, mes histoires d’ego, de poids, de peau grasse et de cheveux secs… Mais qui sait si j’aurai encore des cheveux ? Ou si je survivrai ? » Une flèche rouge pointée dans la noirceur : « Je suis là au fond ».
Le titre de cette BD autobiographique, Cancer and the City, se réfère à la série Sex and the City, un monde où la vie est facile, un brin superficielle, où faire ses cils rime avec ouah qu’IL est viril… Les intérêts de l’auteur, illustratrice pour The New Yorker et Glamour, tournent autour de la mode (fashion, ma fille, fashion qu’est-ce t’es pas chébran !) du shopping, des soirées hype et de son bello Silvano. La tumeur déboule dans ce jeu de dame. Un carton. Tout s’effondre. Commencent alors 11 mois de galère qu’elle décide de raconter dans un genre de journal de bord illustré. Pour ne pas alourdir le propos, elle choisit des couleurs flashy qu’elle ponctue d’irrésistibles touches d’humour. A coups de  jaunes pissenlit, de rouges coco en colère, de roses bachelot, de violets à faire trembler de jalousie les soutanes des évêques, elle réussit à nous embarquer dans son combat. Qui, malheureusement, n’a pas dans son entourage une personne atteinte de cette maladie de m… ? Rare pourtant celle qui la raconte dans le détail. Pour elle, difficile de se confier ; pour nous, difficile d’écouter, de supporter.  Lâchement peut-être, maladroitement certainement, on parlera « d’autre chose ». Ici, depuis l’annonce du médecin faite avec un sourire pepsodent se voulant rassurant (je la cite : « Sourire de 3 km version 2 et 3, pas de doute c’est sérieux »), suivie des réactions de la famille, des amis, l’avant-pendant-après l’opération, en passant par les problèmes d’assurance maladie aux States, pour terminer par les 8 chimios, les 33 séances de rayons, la rémission, l’auteure nous dit tout d’une manière tellement originale et émouvante que nous ne pouvons que l’accompagner.  La dernière image est superbe, imaginez notre (car à ce stade, elle est vraiment devenue notre copine) Marisa en voiture avec son amoureux, il pleut très fort : « Tu sais quoi Silvano ? Che bella giornata ».

ACOCELLA MARCHETTO, Marisa. Cancer and the city. Paris, Iconoclaste, 2007. 211 p.

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