L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Extension du domaine de la manipulation 28 janvier 2010

Extension du domaine de la manipulation, de l’entreprise à la vie privée (ci-après, Extension, car le temps gagné à ne pas écrire le reste de ce titre pourra être précieusement réinvesti dans une activité qui me permettra de développer mon potentiel !!!), Extension, donc, nous présente de manière plutôt exhaustive, les tendances les plus populaires dans le domaine de la gestion d’entreprise, telle qu’elle est majoritairement pratiquée dans le monde risiblement dit civilisé. La petite histoire va comme ça:
Avant, on travaillait en artisan; chacun à son rythme effectuait sa tâche de A à Z. Puis vint l’usine, et quelques rigolos trouvèrent génial de faire en sorte que chaque employé ne fasse plus qu’une seule tâche, inlassablement. Le but était de gagner en vitesse, de produire plus, de ne faire que l’essentiel. Une fois son seul et unique geste appris, le travailleur était plus ou moins libre dans sa tête, libre d’être mécontent de son sort, de détester son patron, mais aussi plus ou moins assuré d’avoir un travail à vie. Puis quand les travailleurs commencèrent à en avoir marre de leurs tâches barbantes et à se syndiquer, d’autres rigolos changèrent les règles du jeu: car on (le patron et ses actionnaires) pouvait gagner encore plus d’argent en ne produisant plus que le nombre très exact de choses désirées (ou un tout petit peu moins) au tout dernier moment. C’était pas mal, car le travailleur devait maintenant s’impliquer dans les soubresauts d’une chaîne de production qui était au plus près de la botte du client. Et c’est là qu’intervient le camarade Marzano, car il semblerait qu’en impliquant l’employé dans le processus d’organisation du travail, il soit possible non seulement de le responsabiliser, mais aussi de le motiver, de lui faire prendre conscience de ses capacités, et de l’inciter à s’améliorer.
Et comme le dit Marzano, il n’y a là que des choses louables.
Mais, par une coïncidence pernicieuse, il s’avère que les processus utilisés pour déclencher ces salutaires évolutions étaient parfois, dirons-nous sujets à controverses, du fait de leurs effets secondaires et que bien souvent ils étaient utilisés par des employeurs peu scrupuleux (minoritaires bien sûr) mais qui étaient eux-mêmes victimes de RHAAA JE N’EN PEUX PLUS!
Sachons plusieurs choses, grâce à Marzano:
Ayant exploité leurs employés jusqu’à l’os, une vaste majorité d’employeurs fonctionnant sur le modèle américano-occidental ont été sérieusement frustrés par la montée du syndicalisme, surtout depuis que la peur du bolchevisme ne fait plus recette. Dès lors que le corps de l’employé est acquis, il reste encore à se rendre propriétaire de son âme. Et rien de plus facile, il suffit d’adopter la bonne stratégie: d’abord, convaincre l’employé que sa pseudo-implication dans la gestion de son cadre de travail a pour conséquence qu’il est véritablement responsable des échecs de l’entreprise (les réussites sont le fruit de la vision et du courage des cadres), de là découle le concept de l’employé toujours perfectible et donc jamais adéquat. Ces états d’esprits sont maintenus par des « outils » tels que les chartes de valeurs de l’entreprise et des évaluations constantes volontairement floues et ambiguës, ce qui ensuite permet de faire déborder l’impact pathogène de ces pratiques sur la vie privée de la pauvre ressource humaine en question. Et rien de tel qu’un employé qui se croit TOUJOURS au travail.
L’auteur présente tout cela de manière claire et concise, commençant par un historique bien étoffé et clair, pour se poursuivre par une dénonciation des paradoxes de ces pratiques, des mensonges destinés à les blanchir, des effets physiques très concrets sur les être humains qui les subissent (avec un chapitre salutaire sur le suicide sur le lieu de travail, sujet tabou du fait de son développement fulgurant en France). On trouvera en addition un chapitre sur le coaching, cette plaie sans nom en français, qui illustre parfaitement le terrible débordement de ces pratiques de contrôle, de désolidarisation, de déshumanisation et de désindividualisation du domaine professionnel au domaine personnel.
Les esprits chagrins (dont je fais évidemment partie) remarqueront que, contrairement à L’open space m’a tuer, les exemples ne sont pas l’essentiel de cet ouvrage, et les explications théoriques sont un peu tortueuses ou nécessitent de constants allers-retours vers la section des notes (fort bien fournie d’ailleurs, ainsi que la bibliographie), mais comme le fait régulièrement remarquer la philosophe Gale « Cela fait trop longtemps que l’on cause », et si Marzano donne moins de conseils pratiques et concrets que le célèbre Objectif zéro sale con, quelques pistes de reconnaissance de schémas de manipulation sont données.
Enfin, je conclurai en me plaignant de la retenue de l’auteur quant aux conséquences de l’utilisation de ces techniques de manipulation. Quelques exemples sont donnés (perte du sens de sa propre valeur, perte de l’individualité, perte de motivation, perte de la conscience de l’autre, non seulement pour le manipulé mais également pour le manipulateur) mais ceux d’entre vous qui auront envie de voir jusqu’où l’être humain peut être transporté lorsqu’il se laisse à considérer ses pairs comme une ressource à exploiter pourront consulter (dans la mesure où vous maîtrisez l’anglais) L’effet Lucifer de Zimbardo, les autres rapports au sujet de l’expérience carcérale de Stanford, ou, finalement, tout documentaire un tant soit peu sérieux sur les instances modernes et contemporaines de torture, par exemple.

Et une bonne année à tous.

MARZANO, Maria Michela. Extension du domaine de la manipulation : de l’entreprise à la vie privée. Paris, Grasset, 2008. 282 p.

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L’institut Benjamenta 22 janvier 2010

Filed under: Roman — davide @ 8:00
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Quel frisson m’a parcouru en commençant ce livre !
Car une fois sautée l’introduction un peu plate et légèrement condescendante envers l’auteur, on découvre avec joie Jacob von Gunten, petite frappe petite-bourgeoise, fin de race type et type qui m’est franchement sympathique (vous allez voir pourquoi).
Passons d’abord sur le plus ennuyeux : la forme générale. Le style d’écriture est solide, peut-être un peu trop, et pourrait provoquer une indigestion chez les lecteurs les plus sensibles. La narration toute entière est faite du point de vue dudit Jacob, ce qui pourrait énerver vu le caractère du personnage (j’y arrive), mais fait également planer un doute un peu sulfureux sur la véracité des scènes et des sentiments décrits, dont la perception ne saurait être un tout petit peu déformée par le prisme du cas von Guten (un peu de patience, je vous prie).
Passons à mes sujets favoris : les personnages (et bien voilà, ce n’était pas si dur que ça, non ?)
Il y a tout d’abord ce Jacob, noble descendant d’une famille d’aristocrates à la tradition guerrière, qui décide de tout plaquer (sauf bien sûr le luxe, l’indolence et le bon goût propres à sa classe) pour s’inscrire au célèbre Institut Benjamenta, et n’y apprendre rien d’autre que le règlement, et encore, sans grand enthousiasme. En fait si, Jacob fait de grands efforts, mais surtout pour ne rien apprendre et rester ignorant, signe pour lui de grande distinction intellectuelle, voire de beauté spirituelle, qui lui échappe constamment vu sont intelligence au-dessus de la moyenne, ce dont il a clairement (et bruyamment) conscience (ce qui fait de lui une sorte de nihiliste zen accidentel). D’ailleurs il applique cette manière de faire avec ses camarades, qu’il aime pour tous leurs vilain défauts, son frère, qu’il admire pour son parasitage de la société, et le directeur de l’établissement, Benjamenta lui-même, dont les visées pédagogiques (sans parler de ses relations pour le moins troubles avec ses élèves) fascinent et (pas vraiment bizarrement, on l’aura compris) inspirent le respect du petit von Gunten. N’oublions pas Mademoiselle Benjamenta, sœur du susmentionné, seule enseignante dans cette école dont la branche n’est pas la sieste à plein temps, mais qui, pour l’affection un peu tordue qu’elle porte à Jacob, n’en serait pas moins certainement sujette à l’intérêt d’une quelconque ligue pour la prévention de la cruauté inhabituelle envers la jeunesse.
Tout ce petit monde baigne dans une sorte d’oisiveté mélancolique germanique à l’extrême, qui me ravit à la fois par son kitsch si sérieux et par ses envolées lyriques à couper le souffle (dans mon cas, de rire).
La voilà, ma conclusion : il y a peut-être quelque chose de profond et de subtil qui nous renvoie à notre condition de bla bla bla dans ce roman, mais je me suis tellement amusé en le lisant à son premier degré que je n’ai pas vraiment eu envie de creuser plus loin, et sa longueur est telle que je n’ai pas eu le temps de me fatiguer de son héros si cocasse.
Ce n’est pas vraiment la base d’une critique professionnelle, ni même d’une recommandation officieuse, mais là il est temps pour moi de revêtir ma plus belle cravate et mes souliers pointus pour aller flâner au milieu de la populace.

WALSER, Robert. L’institut Benjamenta. Paris, Gallimard, 2001 (L’imaginaire, 80). 235 p.

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It’s India 19 janvier 2010

Filed under: Roman — Roane @ 10:47
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Tout corps plongé dans l’Inde ressort… changé. Sensations, émotions, contradictions, l’atmosphère de ce pays est magnifiquement bien rendue dans le livre de Rohinton Mistry. C’est à mon avis LE roman sur l’Inde à lire si vous l’avez visitée et souffrez de nostalgie ou alors, tout simplement, si vous appréciez la littérature qui chamboule. Car, si l’Inde bouscule, ce roman a l’effet d’une mousson sur un marché d’épices. Ce qu’on croyait bien rangé dans des cases : nos croyances (Indira Ghandi a été juste et appréciée), nos clichés (les odeurs sensuelles des villes), nos illusions (les pauvres s’entraident), tout vole, s’éparpille, on éternue, on pleure.
L’histoire se passe dans « La ville du bord de mer », c’est ainsi que l’auteur nomme la mégapole qu’on devinera être Bombay. On se situe vers 1975, Indira Ghandi se prépare à décréter l’état d’urgence. Pour sauver sa peau de premier ministre, elle impose des mesures ignobles, comme la destruction des bidonvilles pour assainir la ville, mettant à la rue une foule de loqueteux en état de choc, ou alors l’interdiction aux mendiants, aux pauvres (ceux-là mêmes qui habitaient les bidonvilles) de traîner dans la rue. Ils seront alors envoyés dans des camps où ils seront forcés de travailler (gratuitement) pour l’Etat.

Que peut-on faire, bhai, quand les gens instruits se conduisent comme des sauvages ? Comment leur parler ? Quand les gens au pouvoir ont perdu la raison, il n’y a pas d’espoir.

Cette Inde-là est montrée à travers le regard de quatre personnages principaux. Dina est fille de médecin et à la mort de ce dernier, elle refuse d’écouter les conseils de son frère sur le mariage de raison. Elle croit à la passion et se laisse alors séduire par un homme simple, mélomane, gentil mais sans fortune. Malheureusement ce mari aimant va mourir comme seuls les pauvres gens pressés de gagner mal leur vie meurent en Inde : à bicyclette. N’acceptant toujours pas de se ranger, de venir vivre avec la famille de son frère, comme une veuve devrait le faire, Dina apprend la couture chez sa tante. Elle souhaite gagner sa vie par ses propres moyens. Pour pouvoir se mettre à son compte, elle doit embaucher deux tailleurs qui travailleront chez elle dans un atelier clandestin. Ils sont parents (oncle et neveu) et viennent des campagnes ; ils ont fui ceux qui ont décimé une partie de leur famille, punition infligée par leurs pairs pour avoir voulu casser le système des castes. Afin de payer son loyer et le salaire de ses employés, Dina loue une chambre à un jeune garçon, Maneck, descendu de ses montagnes pour venir étudier. Quatre personnes de cultures, de conditions sociales, de sexes et d’âges différents qui rapportent des points de vue très complémentaires sur leurs conditions de vie. « A fine balance », tel est le titre que Mistry a choisi très judicieusement de donner à ce livre où le rire se transforme en ironie pour finir dans un râle avant de percevoir un nouveau sourire…
Mistry est né en Inde en 1952 et même s’il est parti en 1975 à Toronto, on sent qu’il parle d’un pays qu’il connaît parfaitement. Bien des semaines après avoir terminé la lecture de ces 700 pages, les personnages si attachants nous manquent. Difficile de se résoudre à plus jamais avoir de leurs nouvelles ; ce sentiment de manque quand un livre se ferme n’est pas si courant et je tenais à vous mettre en garde. Ainsi, quand vous l’aurez fini ne manquez pas de repasser par ce blog où nous vous aurons certainement trouvé un autre bon gros roman à effet méthadone.

MISTRY, Rohinton. L’équilibre du monde. Paris, Albin Michel, 1998. 694 p.

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Ebène 14 janvier 2010

La promesse d’une issue heureuse au Moyen-Orient, au vu des événements récents, semblant plus impossible encore qu’un nouveau stade lausannois harmonieusement intégré dans son décor environnant, j’ai décidé de laisser un peu reposer cette région dans mes billets, et sur la recommandation d’une collègue, de me payer une tranche d’exotisme tout inclus grâce à Ebène de Ryszard Kapuściński.
Ce livre s’ouvre sur le Ghana qui, en 1958, accueille l’auteur, jeune journaliste fraîchement débarqué de Pologne, et lui fait écrire toute sortes de choses un peu iniques sur les couleurs, la chaleur, et surtout tous ces gens qu’il rencontre, ce mode de vie bien différent qu’il découvre dans la fébrilité d’un continent qui s’ébroue, plein d’enthousiasme, libéré du joug des colonies. C’est très poétique et énerve pas mal.
Mais ce livre est traître et retors, car plus on avance dans les chapitres, plus on avance dans la chronologie du continent, et plus on découvre que la liberté est bien superficielle et que le colonialisme et l’esclavagisme sont des poisons qui agissent très, très longtemps. Sans se départir de cette plume hallucinée de paludisme, Kapuściński n’emprunte que les chemins de traverse, limité qu’il est par un budget inexistant, ce qui le met dans une position particulière loin de celle du journaliste habituellement à même d’accéder à son sujet et de partir aussi vite sans le moindre souci, et s’il frise la mort plus d’une fois, ces expériences ne prennent jamais le devant de la scène. Ne mentionnons même pas la finesse des apartés de géopolitique historique qui sont parfaitement intégrés aux récits qu’il nous livre.
Ce qui prend le devant de la scène, c’est l’Afrique ; non pas l’Afrique des frontières post-coloniales, aussi propices à la paix et à l’entente entre les peuples qu’une coupe du monde de football, mais une Afrique en pleine mutation, subissant le contre-coup de la colonisation, la cupidité avide de ses classes dirigeantes et le climat d’une rudesse au-delà de ce que nous pouvons comprendre, mais aussi l’Afrique de ses habitants s’adaptant sans cesse aux affres de leur vie quotidienne avec ce que l’on serait tenté de qualifier de philosophie zen-réaliste.
C’est là mon grand malheur et la force de Kapuściński : vu qu’il ne se départit jamais d’un certain lyrisme, qu’il affiche ouvertement sa sympathie pour le continent africain et qu’il est capable de trouver de découvrir des pépites d’humanité (la bonne, n’est-ce pas, pas l’autre…) dans les situations les plus dramatiques, certains des chapitres (je pense en particulier à celui sur le Libéria, où l’apartheid fut inventée au milieu du 19ème siècle par… des esclaves) vous fichent une puissante nausée à l’âme, et vous subjuguent de dégoût horrifié devant la noirceur de certain agissements humains avant que vous ayez eu le temps de dire « Pourquoi ce type tout nu porte-il une kalachnikov ? ».
(Réponse : parce qu’il est fou bien sûr. Fou, mais avec une kalachnikov…)

P.S. : ah oui, pas de bibliographie. Kapuściński, un point en moins…

KAPUSCINSKI, Ryszard. Ebène : aventures africaines. Paris, Plon, 2000 (Feux croisés). 332 p.

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La vérité sur Marie 12 janvier 2010

Filed under: Roman — Françoise B. @ 10:25
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Comme dans Faire l’amour et Fuir, on retrouve dans ce roman Marie, la compagne du narrateur. Le couple séjourne à Tokyo pour l’exposition de Marie. C’est là que surgit Jean-Christophe de G., un gentleman éleveur et propriétaire de chevaux de courses. Il s’éprend subito presto de Marie et la ramène à Paris avec son cheval Zahir, tout ceci sous le nez du narrateur. Ce dernier nous raconte le périple de leur retour comme s’il l’avait vécu lui-même alors qu’il ne fait que rapporter à sa façon les dires de Marie. Une Marie attachante qu’il aime toujours autant, mais aussi très agaçante. Voici un petit extrait qui illustre bien mon propos et qui, par la même occasion, vous donnera une idée du style de l’auteur :

Le policier ouvrit le passeport de Jean-Christophe de G., regarda la photo et le lui rendit, puis il ouvrit le passeport du cheval et se pencha à l’intérieur de la voiture pour examiner un instant plus attentivement le visage de Marie (mais, même dans la pénombre, il était impossible de prendre le visage de Marie pour un cheval). Jean-Christophe de G., se rendant compte du quiproquo, demanda à Marie – Marie distraite, pas concernée – de bien vouloir montrer son passeport au policier. Mais Marie avait toujours été incapable de trouver son passeport quand elle en avait besoin, et, sortant brusquement de sa torpeur, comme soudain prise en défaut, le visage anticipant déjà douloureusement la vanité des recherches à venir, elle fut prise d’un brusque accès de frénésie désordonnée, ce qui la caractérise quand elle cherche quelque chose, se mettant à fouiller désespérément son sac à main et à le retourner en tous sens, sortant des cartes de crédit, des lettres, des factures, son téléphone, faisant tomber ses lunettes de soleil par terre, se soulevant sur place sur son siège en se tortillant pour fouiller les poches arrière de sa jupe, de sa veste, de son manteau, étant sûre qu’elle l’avait avec elle, son passeport, mais ne sachant pas dans quelle poche elle l’avait mis, dans quel sac il pouvait bien être, vingt-trois sacs exactement (sans compter le sachet de sashimi de fugu, dans lequel elle jeta également un coup d’oeil par acquit de conscience). Mais en vain, le passeport restait introuvable.

Suit l’épisode du cheval fou de terreur qui s’échappe sur le tarmac de l’aéroport, et là, l’écriture de Toussaint devient une pure merveille qui m’a propulsée dans la  scène « en live » pour ainsi dire. Comme dans  Fuir, on est littéralement happé par l’action et transporté par la verve de l’écrivain. J’exagère ? Lisez  Jean-Philippe Toussaint pour vous en convaincre. Les romans de cet auteur se situent à l’opposé de ceux composés à 90 % de dialogues, qui ont tendance à me rebuter. Ici, au contraire, pas un seul dialogue à l’horizon mais des phrases parfois longues qui glissent, s’écoulent dans une musique des plus belles. Magnifique, je vous le dis !

TOUSSAINT, Jean-Philippe. La vérité sur Marie. Paris, Minuit, 2009. 204 p.

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