L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

V pour vendetta 9 août 2010

Filed under: BD — davide @ 8:00
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Qu’est-ce que V ?
C’est la question que je me pose après avoir lu V pour vendetta, et que je partage probablement avec d’autres lecteurs de ce petit chef-d’œuvre…
Pour la plupart d’entre nous, V pour vendetta, c’est un film de super-héros somme toute assez divertissant, avec quelques belles images (divers monuments qui font boum !) mais avec l’insipide Natalie Portman (une aberration dans son rôle) et un message contesto-bobo assez brouillon et gentillet.
La bande dessinée qui en est à l’origine, c’est autre chose…
Angleterre, toute fin du 20ème siècle : à la suite d’une troisième guerre mondiale, l’Afrique et l’Europe « ne sont plus là », et devant la mollesse du gouvernement de gauche, un parti fasciste fédérateur a pris le pouvoir, qui, à travers divers organes (l’Oeil et l’Oreille pour la surveillance, la Bouche pour la propagande, etc.) contrôle chaque aspect de la vie des sujets britanniques, avec tout ce que cela implique d’abus, de tyrannie et d’absence d’humanité.
Evie, adolescente désespérée va, pour son baptême de prostitution, essayer de se vendre à un charmant monsieur qui s’avère être un membre du Doigt, organe en charge de la « sécurité intérieure». Elle sera sauvée in extremis par V, silhouette toute de noire vêtue qui ne quitte jamais son masque grimaçant, qui l’emmènera dans son repaire, pour lui faire partager son quotidien.
A partir de là, les témoignages divergent : pour certains, il s’agirait d’un parcours d’initiation à la politique contemporaine, pour d’autres une exploration de la conscience refoulée. Pour d’autres encore, une haletante histoire d’action-anticipation.
Toujours est-il que V pour vendetta, bien que chronologiquement linéaire, saute allègrement d’un personnage à un autre (et il sont nombreux, ce qui, vu le dessin un peu laid, soyons francs, complique un peu les choses), et comprend dans la narration une foule de petits détails qui rendront très heureux les amateurs de produits culturels bien denses et touffus. D’autant plus que la « conclusion » de cette histoire est de loin une des plus abouties, crédibles et porteuses d’espoir que le genre dystopique ait à offrir.
J’aimerais maintenant transmettre un petit message à quelques personnes proches de mon cœur :

Hello, English speakers, and more specifically British readers of this blog, residents, expats and refugees.
I am adding this little insert just for you, because as you might have understood if you’ve followed these articles, I am one of you.
V for vendetta is particularly meaningful to me as a British subject, and I can only hope it is or will be for you too.
Let’s not beat around the bush: if you believe television soaps are only getting better, if you believe the millennium eye was a great symbol for 21st century Britain, if you believe you are happy with what literary production is to be found in your local Waterstone, then allow me to suggest you stop reading now, and I will bid you adieu.
If, on the other hand, you are saddened by the news of Terry Pratchett’s illness, if you are worried about our last prime minister being now considered a criminal against humanity, if the knowledge of what we’ve inherited from the colonial era makes you queasy, if, finally, you have a nagging feeling that something is very wrong with our country, bear with me, for I have sad news.
V for vendetta is about us.
Not entirely, really; it could be argued that the fascist regime it depicts having taken over our country is marginally better than what we’ve tolerated so far, since its violence is manifest, and the extremes to which it goes carry the seed of its own destruction.
It could also be argued that for all their brutality, their xenophobia, their experimentations, the characters in this book are better than us, because their apathy is short winded, and that the crimes they commit are not reinterpreted as a generous if misunderstood effort to promote good versus evil by leader and follower alike.
V for vendetta is a book of what we could have been, and what we could still be. It is the book which tells me all is not lost.
As far as I am concerned, it is the book I will read to my children when they ask me about England, and are too scared or disgusted by the history books and the news.

LLOYD, David. V pour vendetta. Paris, Zenda, 1999.

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