L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

C’est en ne cherchant pas que tu trouveras? 22 novembre 2010

Filed under: Roman — Françoise A. @ 10:21
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Le début du livre est fulgurant. En fin d’après-midi, l’Enquêteur arrive en train dans une ville morne et terne toute vouée à l’Entreprise. Il est chargé d’enquêter sur les suicides à répétition qui ont eu lieu. Il pleut, il a froid, mais le Garçon ne lui sert pas de grog. C’est donc toujours en grelottant qu’il quitte le café et erre un bon moment avant de trouver le Poste de garde. Hélas, il est trop tard pour entrer car il n’a pas l’Autorisation exceptionnelle. Il lui faut donc trouver un hôtel. Bousculé par une ombre, il laisse choir sa valise qui, évidemment, s’ouvre sur le trottoir mouillé. Il récupère ses vêtements trempés, et après des heures et des heures de marche, arrive enfin à un hôtel à trois heures du matin. La Géante, gérante de ce supposé quatre étoiles, le conduit à une chambre à la fenêtre murée et à la salle de bains minuscule. Epuisé, l’Enquêteur s’endort tout habillé et humide.
A ce stade, je ne suis pas le moins du monde épuisée et attends la suite avec grande impatience. L’ubuesque continue. Pendant que les autres clients se délectent de leur petit déjeuner, l’Enquêteur se retrouve avec du café alors qu’il a demandé du thé, en tête à tête avec deux maigres biscottes. En voulant se plaindre, il ne retrouve pas la Géante de la nuit, mais se voit accusé par le Policier de dégradation de toilettes. Le même genre de scène se reproduit à nouveau avec le Poste de garde, puis le Guide, puis le Responsable, puis le Veilleur, etc. etc. et je décroche peu à peu malgré quelques moments intenses lorsque l’Enquêteur a enfin accès aux suicidés, aux cadavres des hommes et des femmes.
Philippe Claudel se demande « pourquoi  tout s’était-il si compliqué? » J’aurais envie de lui demander pourquoi s’est-il autant répété? L’argument du roman sur la déshumanisation de l’entreprise et de la société en perd en intensité. Vous l’aurez compris, contrairement aux autres romans de l’auteur, particulièrement Les âmes grises et La petite fille de Monsieur Linh, je n’ai pas réussi à entrer dans l’univers de ce dernier et le regrette beaucoup.

Claudel Philippe. L’enquête. Paris, Stock, 2010

Disponibilité

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One Response to “C’est en ne cherchant pas que tu trouveras?”

  1. Anónima Says:

    J’avais lu le Rapport Brodeck et La petite fille… et j’avais très envie de lire d’autres livres de l’auteur. J’ai acheté Les âmes grises et celui-ci.

    Moi aussi, je n’ai pas pu entrer dans ce livre, et je le regrette aussi, surtout parce qu’il est looooong et j’aurai pu mieux employer ce temps…

    J’ai bien aimé trouver ce commentaire: c’est reconfortant d’avoir eu la même expérience et de savoir que Les âmes grises va pout-être me plaire malgré tout 🙂


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