L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Rire avec sa mamie 23 décembre 2010

Les fêtes de Noël, le passage d’une année à l’autre, pour nos mamies ces moments sont parfois un peu difficiles.  Souvent seules, isolées, elles peuvent se sentir inutiles, être gagnées par la mélancolie, la nostalgie et glisser lentement dans la dépression comme la « Mamika » (« ma petite mamie », en hongrois) de l’auteur de ce livre.
Ainsi, pour éviter que sa grand-maman ne se perde définitivement dans des pensées noires, Sacha Goldberger, célèbre photographe français, l’a prise sous le bras pour la mettre au centre de ses délires photographiques. Au début du projet en 2006, cette dame de presque 90 ans résiste. Elle rechigne à poser, se force à sourire, les photos sont mauvaises mais le petit-fils insiste. Qu’est-ce qu’il a bien fait ! Il nous dit que petit à petit Mamika prend du plaisir, se pique au jeu jusqu’à maintenant lui réclamer : « Ça fait longtemps qu’on n’a pas fait de nouvelles photos, t’as pas de nouvelles idées ? ».
Qu’est-ce qu’ils ont dû s’amuser ces deux-là quand on voit le résultat : un livre avec des dizaines de photos de sa grand-mère toutes plus insolites et amusantes les unes que les autres. Difficiles de décrire le look de la mamie avec ses grosses chaussures et ses skis au bout de ses jambes nues, en position de schuss, prête à dévaler ses escaliers ; la même regardant à travers deux rouleaux de papiers de WC rose comme s’il s’agissait de lunettes d’approche ou buvant à la paille le contenu d’une bouillotte. Non seulement ces photos donnent à rire mais elles font aussi la peau au jeunisme ; elles nous rappellent que vieillir peut arriver à chacun et qu’il vaut mieux le vivre bien sous peine de virer à l’aigre.
Pour vous donner une meilleure idée de ces mises en scène, allez faire un tour du côté du blog du photographe, vous verrez que la Mamika n’est pas seulement une véritable comédienne mais aussi une super agente de vente pour les travaux de son petit-fils.
Ma photo ci-dessus montre bien que les grands-mamans qui fréquentent les bibliothèques municipales genevoises ne sont pas tristes non plus. Elles sont prêtes à tout, ou presque, pour vous souhaiter une « bonne année » .
La morale de ce billet : rire encore et encore et sans aller jusqu’à déguiser votre grand-mère, ni « bloguer » avec elle, offrez-lui simplement le livre Mamika et passez un moment en sa compagnie, histoire de partager vos fous rires. Comme l’affirme si justement la sagesse populaire, rire prolongerait la vie, alors pourquoi s’en priver ?

GOLDBERGER, Sacha. Mamika. Paris, Balland, 2010
Disponibilité

 

Vice caché 20 décembre 2010

Filed under: Polar,Roman — davide @ 8:00
Tags: , , ,

Il fallait bien que ça arrive : Pynchon publie un nouveau livre, et aussi sûrement que la ferveur religieuse est l’expression la plus profonde du désir de délire humain appuyé par les échanges chimiques propres au fonctionnement cérébral dans un contexte méta-social, paf, un billet sur Lhibouquineur.
J’aime bien Pynchon. On ne le voit jamais, on ne l’entend presque jamais, ses livres sont quasi tous énormes (et je le répète, j’aime les gros livres et je ne peux mentir), à thématiques intéressantes, avec un langage travaillé, etc.
Mais là…
D’abord le livre est court. On ne s’en rend pas forcément compte car il est touffu, mais finalement manque à l’appel cette dimension épique d’un Arc-en-ciel de la gravité ou d’un Mason et Dixon.
D’autre part, l’intrigue est simple. Enfin, relativisons, j’ai eu l’impression que son foisonnement de personnages et leurs actions psycho-lubrico-psychoactives cachait une intrigue somme toute linéaire qui, même si elle (et je ne gâche rien vu la réputation de l’auteur) n’aboutit à une fin en bonne et due forme, n’en était pas moins, et bien, disons, simple.
Reste l’exploration d’une époque et d’un lieu américains par l’intérieur, par les yeux de Doc, hippie vieillissant et intoxiqué en permanence qui, pour résoudre une affaire de personne disparue, se laisse porter de filature en interrogation, sans vraiment de plan, de mission ou de recette, à travers une société dont la féérie nouvel-âgiste s’épuise au profit du capitalisme enragé et sans pitié, pour aboutir à une conspiration seulement moyennement effrayante.
Notez bien, ce n’est pas déplaisant, les rebondissements sont nombreux, l’humour toujours présent, mais il me semble regretter, en tournant la dernière page de ce livre, l’habituelle impression d’avoir fait passer son cerveau par un gymkhana spatio-temporel dans la sobriété la plus stricte (toujours un état effrayant, qu’on se le dise).

PYNCHON, Thomas. Vice caché. Paris, Seuil, 2010 (Fiction & cie). 400 p.

Disponibilité

 

En Suisse romande, la SF et le fantastique se portent bien! 17 décembre 2010

Filed under: Littérature suisse romande,Nouvelles,Science fiction — Françoise A. @ 8:00
Tags:

 Il y a quelque temps, j’avais présenté Défricheurs de l’imaginaire, une anthologie historique de de la SF suisse, éditée par Bernard Campiche. Ici Anthony Vallat et Vincent Gessler, l’auteur de Cygnis  (prix des Utopiales 2010) réunissent avec bonheur de jeunes auteurs suisses contemporains, à l’exception notable d’un jeune auteur de 78 ans. Les treize textes sont précédés d’une courte biographie des auteurs. Visiblement, l’existence de la Maison d’ailleurs à Yverdon, l’organisation des mercredis de la SF à Lausanne et à Genève permettent l’expression et l’éclosion de talentueux écrivains !
Le titre du recueil s’explique par le lieu de vie des auteurs, et non par les textes qui transcendent les classifications arbitraires de SF et de fantastique. Ne cherchez pas de space opéra helvétique, cette anthologie fait la part belle à  l’imagination, pas au spectaculaire.
Je laisse la parole à Denis Roditi pour un extrait de son hallucinante histoire de  Jay, le basset et le gitan. Jay s’est laissé entraîné dans un grand magasin d’électro-ménager et a peur d’être impliqué dans un vol lorsque son portable sonne:

– Je t’ai reconnu, maman! je réplique à tout hasard. Inutile de prendre ce ton de fausset, je t’ai démasquée!
– Jay…jay… Veux-tu bien cesser tes jérémiades infantiles?
…J’essaie de garder le rythme, de ne pas laisser retomber mon inspiration…
– Jay, regarde-moi.
Le portable me serait tombé des mains si l’habitude de le tenir adroitement n’avait pas été si ancrée en moi. Car soudain, je prends conscience de l’identité de mon interlocuteur. Cette révélation ne m’apporte aucun soulagement; elle me pétrifie au point que je me trouve incapable de faire pivoter ma tête d’un quart de tour vers la gauche. Et, à fortiori de l’incliner vers le trottoir. Ce que je fais pourtant. A mes pieds, la saucisse à pattes qu’il est convenu d’appeler un chien me fixe d’un air impénétrable…

Sébastien Gollut a des accents lyriques de préhistorien dans Ceux qui marchent. André Ourednik, Laurence Suhner, Lucas Moreno imaginent des situations beaucoup plus trash : basculement du temps, neige noire, psychiatrie et I.A…
Mais ma nouvelle préférée reste celle de Robin Tecon. Dans Les miens, il raconte l’histoire de lamantins en train de dépérir suite à l’arrivée de Terriens sur un autre monde.  Quels sont nos choix? peut-on sauver l’humanité présente et future aux dépends de l’animal? Que deviennent les relations père-fille face à tel dilemme? La réponse de l’auteur est empreinte d’humanisme et de poésie.
Le texte le plus émouvant est peut-être celui de Thibaut Kaeser sur L’enfant puni. Nous sommes très très loin de la tendresse qui unissait le père et sa fille dans la nouvelle de R. Tecon. Apparemment, elle n’a rien à voir avec l’imaginaire, mais en la relisant…
Dimension suisse: anthologie de science-fiction et de fantastique romande. [S.l.], Black coat press, 2010. (Rivière blanche)

Disponibilité

 

Une histoire populaire des Etats-Unis d’Amérique 14 décembre 2010

C’est fou comme l’on pense tout connaître des Etats-Unis du fait de leur médiatisation fanfaronnante, de leurs lamentables échecs en politique intérieure et extérieure, et de l’a-culture qu’on assimile si aisément à une vaste majorité de ce qui sort de ce pays. Et bien il a suffi de quelques pages de L’histoire populaire des Etats-Unis d’Amérique pour me rendre compte que j’avais beaucoup, beaucoup de choses fascinantes à apprendre, et je pense que vous aussi.
Il faut dire que l’opus démarre sur les chapeaux de roue, avec un petit rappel de la glorieuse destinée du « découvreur » de ce continent, j’ai nommé Christophe Colomb, un être aussi malfaisant, cupide, sanguinaire, égocentrique, lâche et veule qu’il annihile toute tentative de comparaison ou de compréhension, un de ces êtres dont tristement on ne peut que dire que chacun sur cette planète se serait probablement porté beaucoup mieux s’il n’était pas né.
Zinn ne s’attarde pas sur le massacre total et complet des premières populations « indiennes » rencontrées sur les îles sur lesquelles Christophe le Fléau s’abattit, mais nous en donne les grandes lignes, avant de passer à l’arrivée des populations migrantes européennes sur le continent américain, en mettant en exergue le schéma d’exploitation qui se retrouve bizarrement au long de l’histoire du pays; exploitation des migrants par les autorités européennes, puis par les classes aisées locales, exploitation de l’honnêteté des populations amérindiennes, puis exploitation de leurs terres,  exploitation des esclaves d’origine africaine, exploitation de la misère des populations non nobles pour attiser la violence raciale ; en clair Zinn propose presque une lecture socio-économique à long terme sur l’histoire des Etats-Unis.
Et cela tient plutôt bien la route. La grande nouveauté vient, j’imagine, de ce que peu de gens seraient prêts (ou même intéressés) à se pencher sur l’hypocrisie qui est au cœur même de la fondation du pays, à savoir que « tous les hommes sont créés égaux… », à condition que tous les hommes possèdent une quantité coquette de terrain à leur nom (avec des esclaves dessus), une sévère carence en mélanine dans leur peau, un pénis, etc.
Zinn arrive, tout en maintenant une progression chronologique à son œuvre, à ne pas casser le fil rouge dans ce concept « démocratique » si cher aux Américains qui dissimule à peine le souci constant d’une mainmise sur le pouvoir et sur les richesses par une minorité fortunée, et ce par de nombreux « subterfuges ».
On pourrait citer les différentes « réformes » qui permirent de faire croire aux couches de la population les plus opprimées que de passer d’une vie abominable à une existence juste misérable tenait véritablement de la preuve que le gouvernement avait plus à cœur que de raison leur bien-être, ou encore le développement d’une politique d’extension impériale plutôt belliqueuse et transparente dans ses buts d’accroissement des richesses au-delà du nécessaire tout en claironnant le message de la paix et du droit à l’autodétermination des différents peuples envahis, asservis et massacrés.
Ce qui est vraiment fascinant, ou du moins Zinn le montre de manière assez fascinante, c’est la constance avec laquelle cette tendance s’applique, tout en se ménageant suffisamment de  potentiel d’évolution pour voir un bouc émissaire chasser l’autre, ou encore une origine ethnico-géographique se tailler une part de tarte propre à l’indigestion pour ensuite se voir à la diète.
Il y a bien sûr quelques complications que Zinn relève : plus le pays grandit, plus sa puissance se développe, plus les besoins en matière de désinformation, les conquêtes dans tous les sens du termes et les « investissements » sont grands, et il est difficile de ne pas se dire que de tels schémas pourraient bien être sans retour ni alternative. Zinn ne se hasarde à aucune hypothèse à ce sujet.

ZINN, Howard. Une histoire populaire des Etats-Unis d’Amérique : de 1492 à nos jours. Marseille, Agone, 2002 (Des Amériques). 811 p.

Disponibilité

 

Le coeur n’est pas un genou que l’on plie 10 décembre 2010

Filed under: Roman — chantal @ 10:35
Tags: , ,

Dans le contexte actuellement très bouleversé de la Côte d’Ivoire, pourquoi ne pas plonger dans un autre moment de l’histoire récente du continent, autrement dramatique, celui de la Guinée-Conakry… La situation que connut ce pays dans les années 60-70, la Guinée sous Sekou Touré, contexte politique où règne l’arbitraire, où la « révolution est en marche » et où il vaut mieux marcher au pas, sinon coup de bâton, le bâton étant un euphémisme, bien entendu.
 Cest l’histoire d’une très jeune fille, la narratrice de ce court roman, où l’oralité est présente, qui nous raconte son quotidien, dans un contexte pour le moins chaotique. La situation politique est posée sans fioriture par l’auteur, les idées subersives sont punies sans ménagement, les dissidents pendus, ceux qui pensent autrement sont emprisonnés, le système scolaire est en dessus-dessous, le couvre-feu est décrété, les tickets de rationnement circulent, le commerce interdit et ainsi de suite…
 Notre jeune fille doit se débrouiller sans ses parents qui l’ont abandonnée avec ses frères et sœurs, elle s’occupe d’eux un moment puis s’en va plus loin, ailleurs, s’installe un temps chez sa grand-mère, à un autre moment, chez un oncle, chez un cousin, etc, elle est toujours sur le qui-vive, sur le départ, pour atteindre son objectif : apprendre, pouvoir s’inscrire à l’école. Apprendre est son but ultime, et bouger une nécessité pour ne pas s’attacher aux gens, car elle a compris très tôt que si on s’attache on souffre.
 Le roman est dur, mais vivant et il y a aussi les aspects positifs comme la solidarité entre les personnes de la famille plus ou moins proche, la transmission des savoirs, l’entraide pour la survie au quotidien, une vraie générosité et aussi une bonne dose de résistance au jour le jour.
 Au-delà d’un décor sombre, il y a des moments magiques où la jeunesse vit malgré tout. On s’amuse de certains détails dont la narratrice nous fait part, la musique, les tenues, les « en attendant » qui désignent un certain style de chaussures, vous verrez… et il y a la rencontre avec Alpha, qui va pouvoir offrir une échappatoire à notre jeune fille. Il va lui laisser ses livres et là, c’est tout un monde qui s’ouvre à elle et dans ces moments de lecture, elle va pouvoir oublier un peu sa difficile condition, sa solitude. Déterminée, notre héroïne n’a qu’une seule soif, apprendre encore et encore, c’est sa porte de sortie.
 Si toutefois vous n’êtes pas encore convaincu par cette suggestion de lecture, lisez au moins les titres de chapitres, par exemple : « Quand toutes les barbes prennent feu, chacun s’occupe de la sienne » ou « la chance est au bout des pieds » , voilà… bonne lecture !

BARRY, Mariama. Le coeur n’est pas un genou que l’on plie. Paris, Gallimard, 2007 (Continents noirs). 201 p.

Disponibilité

 

Les vagues 6 décembre 2010

Attention, danger !
Oui ! danger de lecture intéressante, édifiante, voire même excitante !
Je ne suis pas à un a priori stupide  près : pour moi, la Woolf était avant tout une brit un peu emo s’étant donné la mort de la manière la plus tragique qui soit. J’étais convaincu que son écriture serait ennuyeuse, ses sujets éculés, ses personnages snobs et mon temps perdu.
Quel ignare, que crétin je fis !
Car Woolf, en tout cas dans Les vagues, lorgne vers l’autofiction, MAIS sans le nombrilisme, et fait dans l’expérimental, SANS la drogue, le sexe et la violence physique.
Je vous avais bien dit qu’elle était DANGEREUSE !
Car, oui, cette histoire à beau être celle de la vie de six Anglais du début du 20ème siècle, englués dans cette classe moyenne à qui je reproche tant, elle est un véritable exercice de style :
Le point de vue narratif glisse malicieusement comme la savonnette dans le bain d’un personnage à l’autre, qui s’adressent au choix soit à eux-mêmes soit à un lecteur potentiel. De plus, à partir de l’âge adulte, il entre dans leur vie un personnage supplémentaire, sans voix propre, mais qui définit largement ce que les leurs disent de lui, d’eux. Le phrasé est également des plus particuliers, et ferait sans doute plaisir à la Delaume, car on semble y percevoir (du moins en v.o.) une musicalité, un rythme qui n’est pas anodin. Les répétitions, les reprises de mêmes thèmes et les délires hallucinatoires ne seraient pas pour déplaire à un Burroughs, mais le texte garde une clarté et une direction auxquelles ont ne peut échapper.
Enfin, même si l’on peut distinguer certains anachronismes (plutôt rares), les thèmes abordés, tel que le trouble identitaire, la relation à l’autre et la relativité de la perception de la réalité restent d’une entêtante actualité de par leur traitement allusif et tout en finesse.
Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai pris du plaisir à lire ce livre, car il m’a demandé un réel effort (que tous ceux qui peuvent lire du Woolf après quatre heures de prêt bien tassées me fassent signe !), il reste cependant que mon avis sur cet auteur à changé du tout au tout, une des (rares, trop rares) perles de la culture littéraire anglo-saxonne.
Enfin, ceux qui veulent lire des avis un peu moins brouillons sur cet ouvrage s’empresseront de consulter les articles de lilly et ses livres ou encore Tif ou Sylvie.

WOOLF, Virginia. Les vagues. Paris, Librairie générale française, 2009 (Le livre de poche, 3011). 285 p.

Disponibilité

 

Casseroles suisses 2 décembre 2010

Filed under: Documentaire — Roane @ 9:37
Tags: , ,

La Suisse fait malheureusement parler d’elle pour ses affaires de minarets, d’étrangers criminels, de moutons trop noirs, de frontaliers  source de tous nos maux. Pour oublier ces honteuses xénophobies et retrouver la quiétude de nos verts pâturages, allons chatouiller le proverbe bien de chez nous, « la fondue crée la bonne humeur », et occupons-nous d’autres casseroles que celles qu’on traîne.

Il ne s’agit pas ici de cuisine en général, ni de la gastronomie de nos voisins français (même si l’UNESCO vient de l’inscrire au patrimoine immatériel de l’humanité, ça ne s’invente pas ça !) mais bien de la cuisine suisse concoctée avec de vrais produits locaux.  Je souhaite ici rendre hommage à l’odorant Schabziger, à l’onctueux Gala, au si doux Toblerone et à une bonne cinquantaine d’autres ingrédients tout aussi délicieux. So sweet kitchen recense 50  recettes « made in Switzerland ». Et  « damassine sur le rösti », elles sont bon marché et faciles à réaliser…
Ce dernier point, je ne peux malheureusement pas le confirmer n’ayant rien testé. Entre nous, je lis mieux que je ne cuisine ! Appel à mes proches (et aux autres, pourquoi pas) qui seraient tentés de me mitonner un de ces bons petits plats et qui, fauchés (les fêtes aidant), hésiteraient ; je ne suis pas difficile et un bête « Pain perdu au fromage à raclette » m’irait très bien. Ca, c’est dit.
Je me suis donc bornée à lire et regarder les images en salivant lamentablement. Mais j’ai également beaucoup ri car, côté photos, Sabrina Friio a fait fort. Elle ne s’est pas contentée de photographier les recettes en mode macro (tendance fort marquée actuellement dans ce type d’ouvrages) pour apporter de l’art au lard et du flou au flan, elle les a mises en scène. Sur les plats on distingue des petites figurines, genre soldats de plomb mais qui ne sont ni des soldats ni de plomb. Ainsi, des petits hommes en habits de plongée sont perchés sur un « Tartare de thon au sésame et wasabi » (la suissitude de l’affaire c’est les 300 g de légumes pickles Chirat). Devant la « Salade jurassienne à la Tête de moine », trois religieux sont en prière. Deux jeune gens en costume de bain à bord d’un voilier voguent sur le « Velouté de poireaux aux portions de Gala ». Et pour boucler la boucle et revenir non pas à nos moutons noirs, mais à notre fondue, un armailli et ses vaches fribourgeoises se baladent aux alentours de quelques « mini-croustades de fondue Gerber ». En dernière page, les auteurs nous avertissent : « Aucun personnage n’a été maltraité durant les photos… Ni même mangé ! ».
Maintenant, plus de temps à perdre, achetez, empruntez le livre (mais ne volez pas, surtout si vous êtes étranger en Suisse !) et… à vos casseroles. Et n’oubliez pas de nous poster vos impressions, ça fait toujours plaisir !

DELABY, Emmanuel. So sweet kitchen : la cuisine helvétique c’est ludique ! Lausanne, Good Heidi, 2010. 112 p.
Disponibilité