L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Les vagues 6 décembre 2010

Attention, danger !
Oui ! danger de lecture intéressante, édifiante, voire même excitante !
Je ne suis pas à un a priori stupide  près : pour moi, la Woolf était avant tout une brit un peu emo s’étant donné la mort de la manière la plus tragique qui soit. J’étais convaincu que son écriture serait ennuyeuse, ses sujets éculés, ses personnages snobs et mon temps perdu.
Quel ignare, que crétin je fis !
Car Woolf, en tout cas dans Les vagues, lorgne vers l’autofiction, MAIS sans le nombrilisme, et fait dans l’expérimental, SANS la drogue, le sexe et la violence physique.
Je vous avais bien dit qu’elle était DANGEREUSE !
Car, oui, cette histoire à beau être celle de la vie de six Anglais du début du 20ème siècle, englués dans cette classe moyenne à qui je reproche tant, elle est un véritable exercice de style :
Le point de vue narratif glisse malicieusement comme la savonnette dans le bain d’un personnage à l’autre, qui s’adressent au choix soit à eux-mêmes soit à un lecteur potentiel. De plus, à partir de l’âge adulte, il entre dans leur vie un personnage supplémentaire, sans voix propre, mais qui définit largement ce que les leurs disent de lui, d’eux. Le phrasé est également des plus particuliers, et ferait sans doute plaisir à la Delaume, car on semble y percevoir (du moins en v.o.) une musicalité, un rythme qui n’est pas anodin. Les répétitions, les reprises de mêmes thèmes et les délires hallucinatoires ne seraient pas pour déplaire à un Burroughs, mais le texte garde une clarté et une direction auxquelles ont ne peut échapper.
Enfin, même si l’on peut distinguer certains anachronismes (plutôt rares), les thèmes abordés, tel que le trouble identitaire, la relation à l’autre et la relativité de la perception de la réalité restent d’une entêtante actualité de par leur traitement allusif et tout en finesse.
Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai pris du plaisir à lire ce livre, car il m’a demandé un réel effort (que tous ceux qui peuvent lire du Woolf après quatre heures de prêt bien tassées me fassent signe !), il reste cependant que mon avis sur cet auteur à changé du tout au tout, une des (rares, trop rares) perles de la culture littéraire anglo-saxonne.
Enfin, ceux qui veulent lire des avis un peu moins brouillons sur cet ouvrage s’empresseront de consulter les articles de lilly et ses livres ou encore Tif ou Sylvie.

WOOLF, Virginia. Les vagues. Paris, Librairie générale française, 2009 (Le livre de poche, 3011). 285 p.

Disponibilité

 

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