L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Des placards et des livres 18 février 2011

Filed under: Roman,Science fiction — Françoise A. @ 8:02
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La jeune Lila a grandi dans un centre de psychiatrie pour enfants en difficulté. Après avoir été brutalement séparée de sa mère maltraitante et malgré tout aimée, elle ne supporte ni la nourriture, ni la lumière, encore moins le contact avec les autres. Dans ce monde du futur du 21ème siècle, les caméras de surveillance sont partout, les conversations enregistrées, l’orgasme bi-hebdomadaire obligatoire. J’allais oublier:  évidemment, les dangereuses drogues comme l’alcool et le tabac sont totalement prohibées. Autre danger terrible dont la société se protège : les livres. Le contact avec le papier et l’encre pourrait être dangereux pour la santé, c’est ce que proclame l’avertissement gouvernemental. Les livres sont donc numérisés  à la Grande Bibliothèque, après censure évidemment. Un des éducateurs de Lila, M. Kauffmann a le malheur de posséder de tels objets et d’en offrir à la petite fille. Exit M. Kauffmann. Il a quand même pu léguer à la jeune fille une écharpe qu’elle cache soigneusement, et un dictionnaire que les employés n’ont pas eu le courage de détruire. C’est grâce à ce vieux dico que Lila trouve son nom, elle sera, par la grâce du hasard, Mademoiselle K. Après la disparition de son cher M Kauffmann, Lila cesse de se rebeller ouvertement contre l’autorité. Elle se laisse formater  par Fernand, éducateur plus conformiste et réaliste.La femme de Fernand a pourtant défié toutes les mises en garde des médecins, refusé l’avortement programmé et mis au monde un enfant « anormal. Fernand et le chat abyssin génétiquement modifié et soi-disant stérile en sont restés tout étonnés et meurtris. Lila grandit, mais, au fil des années, sa quête reste la même : retrouver sa mère dont toute trace a été effacée par l’Administration. Elle ignore tout d’elle: son nom, son adresse. Tout a  disparu. M. Kauffmann, son éducateur, lui avait assuré qu’il ne l’abandonnerait pas, et dans un sens c’est vrai: Lila réussit à se faire engager à la Très Grande Bibliothèque, à soudoyer un des employés et à retrouver la trace de sa mère.Impossible de ne pas penser à Georges Orwell en lisant ce roman, mais la ballade de Lila K ne  se résume pas à une simple promenade dans notre éventuel futur cauchemardesque. C’est  une ballade interrogative sur la filiation et les liens.

LE CALLET, Blandine. La ballade de Lila K. Paris, Stock, 2010. 393 p.

Disponibilité

 

One Response to “Des placards et des livres”

  1. sentinelle Says:

    Un roman qui me tente depuis sa sortie mais qui est continuellement emprunté à la bibliothèque, je suis victime de son succès 😉


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