L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Les liaisons numériques 1 mars 2011

Antonio A. Casilli est chercheur en sociologie, et c’est le seul reproche que je me permettrais de lui faire.
Dans Les liaisons numériques, il présente et donne des pistes d’analyse de la communication et de la socialisation comme elle s’opère à travers ces nouveaux outils qui soit nous fascinent (pas moi), qui nous laissent vaguement indifférents avec une option sur l’agacement (moi) ou nous font peur (vous ?).
On peut imaginer que l’exercice serait rébarbatif au possible, et bien détrompez-vous. L’auteur est une sorte d’Indiana Jones des réseaux sociaux, qui n’hésite pas à se couvrir de commentaires et braver les gouffres sans fonds des profils pour nous apporter force exemples concrets et des plus illustratifs.
Son propos est assez retors : il s’agit pour lui de se pencher sur certains mythes qui circulent autour de l’utilisation des moyens informatiques pour communiquer et surtout socialiser, mythes qui sont alimentés à la fois par les opposants à ces moyens (ceux qui voudraient montrer que INTERWEB C’EST LE MAL, mais aussi parfois par les usagers assidus de ces nouvelles technologies, pour se donner sans doute une petite aura un peu mystico-rebello-mystérieuse (et accessoirement tomber les filles… bonne chance).
Ne mentons pas, Les liaisons numériques est fort touffu, et les conclusions auxquelles arrive l’auteur, qui se résument souvent à « les réseaux ouverts par les nouvelles technologies sont des outils, et penser que ce sont eux qui sont à l’origine des modifications comportementales chez l’humain revient à croire à un retour de la mode du ski de fond », mais pas seulement… par exemple, Casilli souligne que la production d’une information sur un réseau informatique bénéficiera moins de son intégrité ou de son excellence que de sa capacité à se mettre en connexion avec d’autres utilisateurs à même de la corriger ou de l’étoffer en permanence. Les exemples sont plutôt personnels, et font beaucoup usage d’histoires de vies, ce qui peut sembler un peu limitatif et pipolisant, mais il y en a tellement, et ils sont tellement variés que force est d’admettre que peut-être que Casilli tient un bonne piste.
De plus, les raisons pour lire ce livre ne manquent vraiment pas : que soit par notre usage personnel de ces outils, ou l’usage qu’en ont certains professionnels, on rencontre un peu trop souvent ce que je me permets de nommer le problème du marteau :
Vous avez un marteau. Vous pouvez lui coller paillettes et clochettes, vanter ses mérites auprès de tous vos amis, citer bien des auteurs pro-marteau, si à la fin de la journée vous aviez vraiment besoin d’une tenaille… (et ne parlons même pas du cas de figure où on vous verrait tenter de planter un clou en tenant ledit marteau par sa tête…).

CASILLI, Antonio A. Les liaisons numériques : vers une nouvelle sociabilité ? Paris, Seuil, 2010 (La couleur des idées). 331 p.

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