L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Quand la vitesse change le monde 15 mai 2011

Les belles rencontres sont souvent le fruit du hasard. Celle-ci, je l’ai faite sans que rien ne m’y prédestine. Un jour, je repère sous une pile d’ouvrages un livre qui ne paye pas de mine et dont la couverture ferait fuir toute personne normalement constituée. Un truc d’acabit universitaire écrit par un sombre professeur de géographie de l’Université de Rennes : Quand la vitesse change le monde de Jean Ollivro.

Son titre m’interpelle. En ce début de 21e siècle, la vitesse semble être l’un des grands enjeux sociétaux : toujours plus, toujours plus vite, toujours plus loin, au détriment de l’humain et des rythmes naturels. Comment en sommes-nous venus à considérer la rapidité comme une valeur absolue, une règle, un indicateur de performance ? Pourquoi la société ne cesse-t-elle  d’accélérer ? Après quoi courons-nous ?

En nous racontant l’histoire de la vitesse et son évolution au cours des âges, Jean Ollivro replace ce concept dans son contexte et nous rappelle qu’avant le milieu du 18e siècle, le monde était lent et le temps avait une toute autre dimension. L’accélération de la société est le fruit de l’industrialisation et une invention très récente dont nous n’avons pas encore fini de mesurer les répercussions, qu’elles soient économiques, sociales ou culturelles.

Ce document est un bel antidote contre la course à la performance. S’y plonger et le lire, c’est déjà ralentir un peu. Au fil des pages, on ne peut être qu’interpellé par les incidences qu’à la vitesse sur nos vies ; de là peut naître une réflexion, un recentrage, une prise de conscience qui peut nous mener vers un sain ralentissement, une vie plus harmonieuse dans laquelle on se donne plus temps.

Cette lecture m’a ouvert les yeux sur de nombreux travers de notre société moderne. Aujourd’hui, j’ai décidé d’arrêté de courir. Je remets souvent à demain ce que je peux faire le jour même afin de me ménager des petits espaces de temps, rien que pour les goûter. Maintenant, c’est l’éloge de la lenteur que je prône, un éloge partagé par les adeptes toujours plus nombreux d’un vaste mouvement planétaire qui s’appelle « slow ».

Et vous ? Prendrez-vous aussi le temps de ralentir ?

OLLIVRO, Jean. Quand la vitesse change le monde. Rennes, Apogée , 2006. 255 p.

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