L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

L’homme aux cercles bleus 14 septembre 2011

Filed under: Roman — davide @ 5:47
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J’ignore si c’est la saison, mais depuis plusieurs semaines trouver un livre à la bibliothèque municipale qui me motive suffisamment à le lire PUIS à le présenter revient à tuer les oiseaux du lac Stymphale avec la brosse à dents ayant servi pour les écuries d’Augias.

C’est dire. J’ai eu beau me faire plaisir avec quelques lectures essentielles, mais principalement anglophones tel que les romans de l’iconoclaste Jim Munroe, quelques heures de fiction interactive d’origine germanique ou encore une relecture fébrile de la série du Bois Duncton (imaginez le Seigneur des Anneaux en deux fois plus long, avec des taupes, puis écrivez aux éditions l’Atalante pour qu’ils publient les 5 volumes restants), je n’était pas vraiment plus avancé que ça, jusqu’à ce que la réponse ne me saute aux yeux:

Je n’ai jamais lu du Fred Vargas.

Et bien c’est chose faite.

Vargas m’a toujours intrigué ; bénéficiant de l’aura inébranlable de l’auteur de roman policier à succès, elle n’a pourtant jamais vraiment connu l’engouement propre au superstars du genre (pour preuve, ces romans ne se trouvent qu’à un exemplaire sur nos rayons. Un seul exemplaire, peuh !), pourtant…

Et bien pourtant il doit bien y avoir une raison pour que je le lise, ce fichu homme aux cercles bleus.

Par exemple, le fait qu’il ne s’agit pas d’une série (a priori) ; pas de personnages récurrents, de pseudo-évolution fictive, d’hilarants retours en arrière, de gags réservés au club très privé des toxicodépendants du polar. Donc une accessibilité au béotien de l’intrigue policière que je suis (en toute honnêteté, le roman policier dont j’ai le meilleur (et seul) souvenir avait pour protagoniste un chat. Et pas un chat qui accompagne le détective. Non non, un chat et bref, n’en parlons plus).

D’autre part ce roman de Vargas eut pu m’attirer, disons, car il est bon ?

Et bien oui pas mal. C’est juste qu’il est court (ce qui est un mal en soi), mais dense. Sacrément dense. L’intrigue est plutôt difficile à suivre au début car elle est (à mon avis) soit subtile et tenue en diable, soit inexistante. La raison pour cela est relativement claire : tout est de la faute des personnages. Je n’ai de ma courte carrière de lecteur que rarement vu des personnages fictifs aussi volontairement troublés et troublants, que ce soit les « investigateurs », qui sont à mes yeux aussi suspects, si pas plus, que les suspects qui ne le sont pas forcément beaucoup moins, mais qui eux bénéficient de l’habituel schéma du « non, ils sont clairement trop suspects pour l’être ». En fait, on aurait tendance à dire que le crime (qui est somme toute crapuleux et sordide) n’est de loin pas le centre d’intérêt de ce roman, qui est presque tout entier dévolu à rendre tous ses personnages pas forcément méchants mais terriblement, terriblement… communs. Et cela jusqu’au point où on est tellement fasciné par les méandres comportementaux desdits personnages que les avancées de l’enquête sont à la fois désuètes et d’un intérêt très moyen.

Bref, ce n’est pas une lecture désagréable, juste pas très intense, ni très longue. Si ça ne tenait qu’à moi lorsque l’on fera enfin de la bourre de selle avec ce qui est qualifié aujourd’hui de « lecture d’été », les romans de Fred Vargas pourront aisément et à juste titre combler le vide béant ainsi créé sur les rayons des kiosques.

 VARGAS, Fred. L’homme aux cercles bleus. Paris, France Loisirs, 2007. 268 p.

Disponibilité

 

2 Responses to “L’homme aux cercles bleus”

  1. morgouille Says:

    Bonsoir Davide !
    De Vargas, j’avais énormément aimé « L’homme à l’envers ». Mais à l’époque, je n’avais pas terminé « L’homme aux cercles bleus », j’en garde une impression de lenteur extrême avec un début dans lequel il ne se passe rien… Comme tu dis, l’intrigue est inexistante !
    Par contre, il s’agit bien d’une « série » ou en tout cas d’un policier avec un personnage récurrent puisque c’est dans celui-ci qu’on voit apparaître son célèbre commissaire Adamsberg, que l’on retrouve dans une demi-douzaine de romans, je pense.
    Oh et puisque tu aimes les policiers qui ont des chats pour personnages, peut-être as-tu déjà lu l’un des romans de Lilian Jackson Braun, qui met en scène des siamois… ? J’avais acheté « Le chat qui sniffait de la colle » mais je ne l’ai pas encore lu ! 🙂

  2. davide Says:

    bonjour morgouille,
    bon et bien c’est une série ; maizalors cela veut dire que c’est le premier de la série…difficile à imaginer où cela peut mener tout ce petit monde.
    il me semble avoir testé l.j.braun à l’époque, mais je n’en ai pas gardé un souvenir phénoménal (en fait c’est surtout le « félidés » de pirincci qui m’a traumatisé).
    Cependant je doizavouer qu’en matière de policier, je n’arrive pas à trouver mieux que les romans « de la garde » des annales du disque-monde de pratchett. le mélange de sensibilité, d’humour et d’ « intelligence criminelle » reste inégalé.


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