L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Du domaine des murmures 15 novembre 2011

Filed under: Roman — chantal @ 12:45
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Pour les fans de Carole Martinez, enfin pour ceux qui ont adoré Le cœur cousu, son premier et précédent roman, on peut se réjouir d’avoir une nouvelle perle à dévorer. Elle nous emmène à nouveau dans des contrées lointaines mais cette fois on se retrouve au moyen-âge dans une ambiance religieuse ou guerrière.  Il y a ceux qui habitent le château et ses alentours, puis ceux des domaines avoisinants, et le monde extérieur, loin, où seuls les hommes peuvent s’aventurer pour guerroyer ou répandre la foi chrétienne. Un monde masculin dans lequel les femmes ont peu de marge de manœuvre, elles sont là pour enfanter ou prier.

 Plus dans le vif du sujet, que dire sans tout dévoiler… L’héroïne du roman, une jeune pucelle de quinze ans, Esclarmonde, va commettre un acte violent dans l’Eglise face à Lothaire, son fiancé, contre la volonté du père, le châtelain, un acte inattendu qui fait suite à une décision bien mûrie, devenir recluse, un acte choquant qui va transformer sa vie et aussi celle du château. Afin de pouvoir rester libre elle va se faire emmurer à côté de la chapelle. Sa voix s’impose pour la première fois.

Dès ce moment, tout bascule et elle vit enfermée derrière les barreaux d’une fenestrelle, elle est jugée, magnifiée ou méprisée, mais surtout idolâtrée, elle passe pour sainte.  La voix d’Esclarmonde et ses visions créent un univers mystique et surprenant. Elle jette en quelque sorte les dés, le royaume est apaisé, la paix règne mais il y aura un point de rupture. La violence engendre la violence et le sang reflue…

Les personnages sont puissants et forts, blessés, desespérés, on partage leur tristesse et leurs combats respectifs, chacun est pris dans une douleur personnelle et est amené à aller jusqu’au bout de son choix.

Carole Martinez  inscrit encore une fois la notion de liberté et de combativité des femmes dans son roman.  On y retrouve aussi les croyances et  les superstitions des personnages, son style  d’écriture magique qui nous emporte dans cette époque mystique et parfois sombre. C’est une conteuse et son monde est merveilleux, son écriture détaillée et précise. Tout en finesse, à lire absolument !

Elle vient de recevoir le prix Goncourt des lycéens 2011.

MARTINEZ, Carole. Du domaine des murmures, Paris, Gallimard, 2011. 200 p

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