L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Fukushima 22 août 2012

Filed under: Documentaire — chantal @ 2:59
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Fukushima, récit d’un désastre

Tout est dans le titre. C’est un documentaire sur la catastrophe nucléaire de Fukushima, mais écrit un peu à la manière d’un journal, car l’auteur partage beaucoup son ressenti avec nous. Il nous donne aussi beaucoup de détails précis, scientifiques, critiques. Un récit personnel sur un désastre national qui laissera des traces au-delà de ce que l’on peut se représenter comme espace-temps. Au-delà du visible. Un livre à lire si on s’intéresse au nucléaire et à ses conséquences que l’on cherche toujours à cacher  (le risque zéro n’existe pas).

Ce récit se lit comme un roman. Michaël Ferrier, nous raconte par exemple son périple pour voir la zone contaminée avec sa compagne. Il décrit comment on a essayé d’arrêter la catastrophe, et toutes les aberrations qui vont avec, pomper et arroser le feu, mais après que faire de l’eau et ainsi de suite et surtout cacher la vérité aux habitants plus ou moins proches des zones contaminées. Il parle des mensonges du gouvernement japonais, des employés de Tepco, fait témoigner un liquidateur, bref dénonce les moult irresponsabilités et irresponsables, ceux-là même qui font des théories mais qui ne restent pas sur place.

 Dans la dernière partie « demi-vie mode d’emploi », clin d’œil à Georges Perec, il raconte ce qu’est la « demi-vie », la vie après Fukushima, comment on continue à vivre mais plus de la même manière.

« La pluie tombe, mais ce n’est plus la pluie, le vent souffle mais ce n’est plus le vent : il porte avec lui le césium et non le pollen, des bouffées de toxines et non des parfums. … Elle (la mer) dilue autant qu’elle peut ces résidus mortifères. Impossible de fuir…. ». Il nous décrit également comment on doit s’habituer à de nouveaux gestes quotidiens, (les enfants doivent se gargariser, il faut utiliser l’eau en bouteille en cuisine, etc). A la page 234 il y a toutes sortes de recommandations de l’IRSN (institut de radioprotection et de sûreté nucléaire ( vous avez dit sûreté?) ).

Et aussi comment tout un nouveau vocabulaire scientifique est à apprivoiser pour les gens contaminés et les autres, (nous y compris), microsieverts, millisiverts, becquerels, rad, rems, röntgens, etc.

C’est un documentaire avec une voix off humaine, celle de l’auteur, touchée, qui nous transmet des inquiétudes, des réflexions et c’est ce qui m’a plu. Une analyse intelligente et détaillée, sans langue de bois sur un sujet qui nous concerne tous, même si la formule est un peu redondante. J’ajouterai au passage que l’écriture de ce récit est magnifique.

Extrait en 4ème de couverture :

« On peut très bien vivre dans des zone contaminées : c’est ce que nous assurent les partisans du nucléaire. Pas tout à fait comme avant, certes. Mais quand même. La demi-vie. Une certaine fraction des élites dirigeantes – avec la complicité ou l’indifférence des autres – est en train d’imposer, de manière si évidente qu’elle en devient aveuglante, une entreprise de domestication comme on en a rarement vu depuis l’avènement de l’humanité »

Disponibilité :

FERRIER, Michaël. Fukushima : récit d’un désastre. Paris, Gallimard, 2012 (L’infini). 262 p.

 

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