L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Love 8 septembre 2012

Bon, la vie n’étant pas que paix, amour, liberté et fleurs, il était temps que nous nous repenchions ensemble sur autre chose que des opus immortels et propres à un enrichissement spirituel sans égal.

Cette autre chose a donc été écrite par Testa, lettré, puis diversement occupé, puis prof.  Cependant, il a également participé au groupe de rock et roll « Les radiateurs », ce que je ne savais pas avant de lire son bouquin, et qui m’aurait sans doute rendu plus, ou du moins moins… enfin plus tolérant.

Cessons de perdre du temps : Love est un livre court qui regroupe des nouvelles. Celles-ci ont pour protagonistes ce que je soupçonne être des trentenaires aisés, relativement cultivés, pas mal suisses (même s’il y a un quota non négligeable de nationalités exotiques (Brésil, Argentine, Japon, etc…), et possiblement de formation HEC pour leur goûts simples de vie et leurs attentes raisonnables et humanistes.

Sérieusement, j’ai rarement vu un tel ramassis de geignards, de superficiels et d’égocentriques. Et sous couvert d’histoires d’« amour », on est vraiment plutôt témoins des dérives pas si subtiles que ça dans les comportements de nos contemporains, lorsque, déçus de ne pas voir accomplies leurs attentes boursouflées par la publicité, les magazines et les séries télévisées (comme tout le monde, sauf moi, dont les attentes sont boursouflées par la littérature expérimentale, la presse de gauche et les verrines de duo de mousse de foie gras/mousse de boudin noir), ils se retrouvent face au vide sidéral de leur vie intime, et ne pouvant trouver un lien au monde qui les entoure,  se jettent désespérément les uns contre les autres en espérant que, contre toute attente, se produise un effet velcro qui leur tienne chaud pour le reste de leur misérable petite vie.

Enfin, c’est comme ça que je l’ai vu, moi…

Peut-être était-ce le but de l’auteur. Peut-être que sous cette couverture blanche et fuchsia se cache une critique acerbe de notre société, une critique sans concession de ces « histoires d’amour »,  que nous voyons comme le dernier bastion d’une sensibilité encore vierge de trop de manipulation politique ou sociale.

En conclusion, je peux vous affirmer que ce livre est vite lu ; qu’il énerve (ce qui est une bonne chose), et qu’il est un brin répétitif. Mais je ne peux lui jeter la pierre, du moins tant que nous aurons du Kinsella au catalogue.

TESTA, Philippe. Love. Lausanne, Navarino, 2006. 123 p.

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