L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Sur l’eau 12 mars 2009

p1000483

Rares sont les romans qui dégagent autant de sensualité que « Sur l’eau ». A travers l’entraînement d’aviron de deux jeunes garçons, l’auteur hollandais, Hans Maarten van den Brink, nous imprègne de sensations multiples. Au paroxisme de l’effort, lors du passage de la ligne d’arrivée, on transpire, on explose avec eux pour finalement relâcher cette tension dans un immense soupir. Personnages, lecteur et auteur, nous sommes embarqués ensemble dans un voyage à l’île des sens… Mais revenons quelques pages en arrière, juste avant que l’entraînement ne commence. Nous sommes à l’aube de la deuxième Guerre mondiale. Anton, fils unique d’une famille modeste d’Amsterdam, demande à son père de l’inscrire au club d’aviron. Le lieu est sélect et le père doit surmonter un sentiment d’infériorité, voire de honte, quand il s’y rend pour faire plaisir à ce fils qui rêve depuis des années de pratiquer ce sport. Sa candidature est acceptée, malgré leur différence de classe sociale. Il va commencer à s’exercer avec le groupe jusqu’au jour où un entraîneur allemand le repère, ainsi que David. Les deux garçons vont alors glisser ensemble sur l’Amstel, le fleuve qui traverse Amsterdam. Jour après jour, leurs corps vont apprendrent à communiquer, à communier, pourrais-je même dire. Ne craignez rien, ce n’est pas un livre sur le sport (j’aime pas trop ça !), mais bien sur le langage du corps. Après lui avoir parlé de ce roman, un collègue  me disait que cela lui faisait penser à la musique, celle qu’on pratique ensemble. En effet, il s’agit bien pour ces deux jeunes de s’accorder, de s’harmoniser, de jouer de l’aviron. Va naître alors une amitié étrange ancrée uniquement sur ces moments passés sur l’eau ou sur la berge, là où les mots ne sont pas invités. Jusqu’au jour où la guerre, telle une violente vague, va les emporter chacun vers leurs destins.

VAN DEN BRINK, Hans Maarten. Sur l’eau. Paris, Gallimard, 2000. 144 p.

Disponibilité