L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Famille modèle 6 décembre 2011

Filed under: Divers,Roman — Dominique @ 11:36
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La famille Ziller a quitté son confortable Wisconsin où elle vivait pourtant bien, avec une certaine aisance, une vie sociale satisfaisante et un joli lac où se baigner l’été, sur l’initiative du père, Warren, alléché par le désert mojave, en Californie, où un associé lui promet des affaires juteuses à concrétiser. Après l’achat d’un terrain et la construction d’une résidence de plusieurs maisons, il s’avère que les acheteurs ne se pressent pas au portillon, loin s’en faut. D’autant plus qu’en face du lotissement, les grues s’activent autour de la décharge de déchets toxiques nouvellement installée. Et la conscience de Warren le taraude trop pour qu’il fasse croire aux potentiels intéressés qu’un centre commercial est en train de se construire ici, au milieu  de rien…

Warren n’a pas avoué à sa famille la catastrophe imminente et s’enfonce dans le mensonge : la Chrysler LeBaron (qui a été saisie) aurait été volée sur l’allée de leur maison. Sa femme Camille ne se doute de rien. Et les trois enfants encore moins. Dustin, beau et charismatique, continue de répéter avec son groupe, les Deadbeats, dans le garage. Lyle est malheureuse de vivre en Californie où le bronzage est roi, ce qui se marie mal avec sa peau de rousse… Elle vient de rencontrer Hector, un immigré mexicain, avec qui elle commence une relation « par défaut » : pour rien au monde elle n’aimerait être vue avec lui. Quant à Jonas, le petit dernier, il est toujours aussi bizarre, mal compris par sa famille, et le fait qu’il s’habille intégralement en orange ne fait qu’accentuer son image de marginal.

Lors du traditionnel week-end annuel de camping en famille, Warren décide de tout avouer : il est ruiné. Et ce n’est certainement pas Camille, avec son job de réalisatrice de films documentaires, qui pourra leur assurer le train de vie qu’ils avaient adopté. Tout le monde accuse le coup. Mais au retour, Dustin va être victime d’un effroyable accident dont tout le monde pense que Jonas est responsable. Déjà dans la marge, le pauvre garçon va sentir peser sur lui une culpabilité dont il n’avait pas besoin.

Et, ironie du sort, on retrouve les Ziller seuls habitants de la résidence pestiférée…

J’ai beaucoup aimé ce roman dans lequel Puchner (déjà auteur d’un recueil de nouvelles, La musique des autres) raconte avec brio le rêve américain et la chute d’un homme et, conséquemment de sa famille. Assez léger au départ, malgré un cynisme certain, le récit prend une tournure plus désespérée. On est loin du happy end à l’américaine et, ma foi, ce n’est pas pour nous déplaire !

PUCHNER, Eric. Famille modèle. Paris, Albin Michel, 2011 (Terres d’Amérique). 522 p.

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Long week-end 22 août 2011

Filed under: Divers,Roman — Dominique @ 9:23
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Henry, 16 ans, forme avec sa mère une paire sacrément originale. Ca fait un moment qu’ils vivent seuls tous les deux et, si Henry peut s’échapper à l’occasion forcée de la visite hebdomadaire à son père et à sa famille recomposée, Adele, elle, sort le moins possible de chez elle. Ils ont en commun une grande solitude, une absence pathologique d’amis et beaucoup de conversations à bâtons rompus car Adele parle à son fils adolescent, pour la plus grande gêne de celui-ci, des choses de la vie et du reste sans filtre. Mais alors qu’Henry est tourmenté par ses hormones, Adele, qui n’a plu eu de petit ami depuis des lustres, semble avoir mis une croix définitive sur les hommes.

Et puis un jour d’été caniculaire, il faut bien sortir pour faire les achats de la rentrée, acheter de la nourriture (surgelés et boîtes de conserve principalement), si possible pour plusieurs mois, ou une année entière, c’est encore mieux. Et donc se rendre au centre commercial le plus proche. C’est là qu’Henry sera abordé par Frank, un repris de justice évadé, qui convainc Adele de le recueillir chez eux. Il a beaucoup de chance, ou alors il a senti qu’Adele est ce type de femme à s’embarquer dans ce que n’importe qui d’autre appellerait des embrouilles… Il se sent vite comme à la maison, se met à cuisiner, entraîne le sous-doué Henry au base-ball et se met à aimer Adele. Bruyamment. Ce qui fait qu’Henry, qui avait enfin trouvé un ami, se demande si sa vie d’avant n’était pas mieux que ça, finalement. Surtout lorsqu’on évoque devant lui une possible fuite au Canada… entre adultes. Enfin, c’est ce qu’il en comprend. Il essaie d’imaginer ce que serait sa vie chez son père avec sa nouvelle femme, le fils de celle-ci, et le bébé. Ca ne lui plaît pas trop.

Et puis, il rencontre une fille, embourbée dans ses problèmes d’anorexie, à qui il lâche le morceau. Elle lui conseille de dénoncer Frank pour toucher la récompense. Alors que les préparatifs pour le Canada se concrétisent – il fera partie du voyage, finalement – Henry hésite toujours sur la décision à prendre. Une décision qui peut modifier le cours de plusieurs destins.

Ce huis clos n’est suffocant que par la chaleur poisseuse qui semble sourdre d’un soleil de plomb omniprésent. Autrement, il y règne, malgré les circonstances, une insouciance de colonie de vacances. Les personnages sont très attachants, meurtris par la vie chacun à sa manière. Un bon moment d’évasion, ceci dit sans jeu de mots…

MAYNARD, Joyce. Long week-end. Paris, 10-18, 2011 (10/18 ; 4411. Domaine étranger). 251 p.

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Le bon larron 4 mars 2010

Filed under: Roman — chantal @ 12:10
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Ce livre repose à côté de moi, je l’ai refermé il y a quelques heures à peine, je le regarde et ne sais pas comment commencer à en parler.
Difficile de dire du bien d’un livre qu’on a dévoré presque d’une traite, comme à la lecture d’un bon polar, c’est REN qui me hante, je me suis attachée à lui tout au long du roman, inquiète pour lui, triste pour lui, par moments heureuse pour lui, mais toujours avec au fond de moi la peur à son égard et la question « et maintenant que peut-il encore lui arriver de pire ? ».-  Bon, vous me direz… oui, mais encore ? Alors le titre du livre Le bon larron, eh bien c’est lui, c’est Ren, un nom, des initiales brodées sur un morceau de lin, chiffon abandonné avec lui à la porte de l’orphelinat de St Anthony, puis quand on fait connaissance avec lui, il a déjà douze ans et l’histoire ou plutôt son histoire peut débuter, et avec elle, une multitude d’histoires, les personnages sont pauvres et misérables, vilains, pas sur le bon chemin, mais l’imagination qui les décrit et leur fait à leur tour raconter des histoires est forte et magique.
Ren et ses compagnons d’infortune vivent  au jour le jour. Inutile de dire que la vie du garçon a changé du tout au tout depuis la sortie de St Anthony, il est plongé dans une vie d’adulte misérable dans l’Amérique du dix-neuvième siècle, villages pauvres, villes portuaires au décor gris, soldats, mendiants, prostituées, mines, etc. C’est, pour ce petit homme, la découverte d’un monde dur sans confort, sans protection.
On nous décrit les rencontres depuis sa sortie de l’orphelinat, quand un certain Benjamin Nab vient le chercher en proclamant être son frère,  l’espoir de Ren, sa porte de sortie de l’orphelinat et l’assurance de ne pas devoir finir soldat. Puis sa nouvelle vie, en fait, la survie, les vols, les arnaques, les cachettes, les fugues, la peur au ventre, mais la chance aussi, car Ren, enfant à la main coupée et au passé inconnu porte bonheur et c’est la clé du livre, mais je ne vais pas vous en dévoiler davantage, à vous de vous lancer dans cette merveille, de découvrir, en même temps que Ren, qui il est. Ce garçon d’à peine douze ans est un exemple de détermination, de sagesse, de courage et d’intelligence, comme une sorte de résilient, il surmonte les épreuves de la vie  et affronte son destin en manchot magnifique!
C’est le premier roman d’Hannah Tinti, la narration est forte, les personnages touchants, on est emporté, en tout cas moi, je l’ai été, Ren m’a envoûtée, un vrai plaisir de lecture, à découvrir de suite!

TINTI, Hannah. Le bon larron. Paris, Gallimard, 2009 (Du monde entier). 375 p.

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American darling 13 février 2010

Filed under: Roman — davide @ 3:20
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J’avais un faible pour Russell Banks (et son Règne de Bone), et un immense respect pour un de mes collègues (en l’occurrence celui qui ne lit que des romans qui finissent en –ov ou –ski), du coup, quand on m’a suggéré de lire  American darling, pour un aperçu un peu plus intime de la situation libérienne que celui vu dans Ebène de Kapusczinski, j’ai vite été à court d’excuses pour ne pas le lire.
Ce qui fut fait. D’où, billet ; et là commencent mes problèmes, car ce livre est très bien écrit.
Vraiment. Le choc entre la vie dans l’arrière-pays rural des Adirondacks et le retour à la mangrove libérienne est efficace, et leur description par le regard de l’héroïne les rend autrement plus vivants que les éternelles cartes postales littéraires. Cette même héroïne est (malheureusement, vous comprendrez) fort crédible, et ses retours de souvenirs d’une époque militante ont le mérite de présenter les agitateurs gauchistes américains sous des augures pour le moins objectifs.
Mais il faut rappeler que Russell Banks a habituellement quelque chose à écrire, et s’il doit subir l’outrage qui va suivre dans les lignes suivantes, c’est bien parce qu’il a fait pour ce roman figure de remplaçant ailier droite pour le FC Pas-de-bol.
Il faut prendre en compte que c’est un roman américain de l’après 11 septembre. Est-ce pour cela que nombre de situations intéressantes à explorer sont singulièrement dépourvues d’une véritable et violente description ? Mais qu’à cela ne tienne, ne pouvoir raconter et faire comprendre la misère du monde sans avant toutes choses la prendre par le biais de ses dimensions locales (très locales, dans un genre « la crise au Moyen-Orient, quel désastre, rendez-vous compte, Monsieur, le prix de l’essence ! »).
Ce qui est plus difficile à ignorer c’est l’antipathie tout à fait justifiée que peut inspirer le personnage principal du roman. Peut-être était-ce là le but de Banks, peut-être étions-nous supposés laisser des marques de dents sur la couverture et nous faire passer pour fous dans les lieux publics où nous avons lu ce roman, car cette bobo wasp d’héroïne n’a vraiment rien pour plaire ; que ce soit dans son engagement politique, qui prône une violence nourrie de l’héritage coupable des générations de la ségrégation, sans la moindre remise en question fondamentale et surtout individuelle, ou dans sa vie « familiale », qui lui tombe dessus lorsque ses camarades d’armes ne sont plus à même de lui fournir des prétextes de fuite en avant, et qu’elle accepte avec force soumission abjecte et complaisante, et un aveuglement social et politique qui, de par sa vitesse d’application, défie les bonus de fin d’année octroyés à certains de nos banquiers les plus gras. Si, de plus, l’on prend en compte que cette période familiale prend place au Libéria, un des pays africains les plus meurtris par la cupidité et la folie humaines, peut-être que d’autres que moi seront un peu choqués de voir certains événements bien réels être mis sur un pied d’égalité avec de l’anecdotique pas franchement reluisant. Il y a enfin cet attachement misanthrope à peine dissimulé pour les chimpanzés qu’elle « sauve », et je ne veux même pas commencer à penser à ce que cela implique comme trait de caractère.
Mais enfin c’est du BANKS ! et je pourrais grincer des dents, écumer des lèvres et me rouler par terre tout mon saoul que l’atmosphère ne sera pas moins bien rendue, le sujet ne sera pas moins intéressant et les personnages très bien construits, et donc il sera de très bon ton de rappeler ici que si ce billet peut paraître pour le moins négatif, c’est avant tout car je n’ai pas d’amis, pas même des chimpanzés.

Banks, Russell. American darling. Arles, Actes sud, 2008 (Babel, 780). 570 p.

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Banks sur la réserve 19 octobre 2009

Filed under: Divers,Roman — Dominique @ 11:16
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banksCe qu’il y a de bien avec certains auteurs, comme Russell Banks, c’est que ses livres sont d’une telle qualité que même lorsqu’ils sont boudés par la critique, on peut sans autre se lancer dans leur lecture. Un « mauvais » Russell Banks restera toujours mille fois plus intéressant qu’un « bon » ………. (espace à remplir vous-même, je ne voudrais pas aborder le dangereux et infini débat sur la « bonne » ou la « mauvaise » littérature et passer pour une bibliothécaire élitiste qui se sent investie d’une mission non avouée d’édification des foules). Forte de cette conviction que l’on peut vraiment compter sur certains auteurs (jusqu’à ce qu’ils nous déçoivent), j’ouvre la première page de La Réserve, un lieu de quelques milliers d’hectares sis dans les Adirondacks où la haute bourgeoisie de New York vient se reposer dans une nature splendide et sauvage entretenue à grands frais par les hommes du coin pour qui la maintenance de l’endroit est devenue la seule source d’emploi. Tous les 4 juillet, le docteur Carter Cole reçoit, en compagnie de sa femme Evelyn, quelques vieux amis d’université, des gens de la haute comme lui. Cette année-là, en 1936, il y a aussi leur fille, Vanessa, une splendeur au passé sulfureux qui comptabilise déjà deux divorces à l’âge de 30 ans. Et le docteur Cole a également invité Jordan Groves, un peintre talentueux et célèbre, habitant de la Réserve lui aussi. Vanessa est témoin de son arrivée en hydravion sur l’un des deux lacs faisant face à la luxueuse maison des Cole et elle décide d’emblée de jeter son dévolu sur cet homme séduisant. Même s’il la rencontre pour la première fois, Jordan connaît la réputation de mangeuse d’hommes de Vanessa et c’est avec un mélange de fascination et de retenue qu’il reçoit les marques d’intérêt de cette femme hautaine et sûre d’elle.
Malgré l’espace grandiose et gigantesque qui constitue le théâtre de ce jeu de séduction, on se trouve face à une sorte de huis clos où l’on voit évoluer non seulement nos deux héros mais aussi la femme de l’un, l’amant de celle-ci, la famille de l’une, tout ce petit monde évoluant dans une tension grandissante.
Ici, comme dans d’autres romans de Russell Banks, la nature prend une place prépondérante, les descriptions sont à couper le souffle, même si l’écriture semble si fluide qu’elle donne l’impression de couler seule de la plume de son auteur. La psychologie des personnages est toujours placée au premier plan, de même qu’apparaît, en filigrane, une certaine critique de cette société où, déjà, la différence de classes, incarnée par le « communiste » mais riche Jordan Groves, en opposition avec les résidents aisés de la Réserve, préfigure une péjoration sociale inéluctable.
Lancez-vous sans réserve aucune dans ce roman… sauf si vous trouvez Affliction, du même auteur, dont je vous parlerai peut-être une autre fois et qui est, à mon avis, un chef d’oeuvre.

BANKS, Russell. La Réserve. Arles, Actes sud, 2008 (Lettres anglo-américaines). 379 p.
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Mon patron est un bon mac 6 février 2009

Filed under: Divers — Dominique @ 10:02
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greenlandJulian Ripps était bien trop gros pour se prélasser dans un jacuzzi entre deux femmes nues, à moins qu’il soit riche ou que les deux femmes soient des prostituées. Ce qu’il n’était pas, mais ce qu’elles étaient, elles. Et elles travaillaient pour lui: il s’agissait donc en quelque sorte d’une fête de bureau, version partouze. Les trois fêtards venaient de se livrer à un Kama Sutra aquatique dans le jardin de Julian, au sommet de la colline, et ils se reposaient sous la voûte étoilée. En cette douce nuit de septembre, la San Fernando Valley s’étalait au loin, tel un cadavre décoré de guirlandes lumineuses. (extrait)

Julian Ripps était loin de se douter qu’il vivait là ses derniers instants, terrassé par un infarctus du myocarde sitôt les deux belles disparues, laissant une florissante affaire de, disons, service d’escort-girls, bien planqué sous le couvert d’une blanchisserie. Dans la famille Ripps, Julian jouait à perfection le rôle du mauvais garçon, brouillé depuis longtemps avec son frère, Marcus, qui, vous l’aurez deviné, est pour la nuit ce qu’est le jour ou pour le démon ce qu’est l’ange : son exact contraire.
Marcus Ripps, marié à Jan depuis 15 ans, père de Nathan et gendre modèle qui a recueilli sa belle-mère atteinte de glaucome, est un cadre sans éclat ni ambitions chez Wazoo Toys sous les ordres de son vieil ami Roon qui a beaucoup mieux réussi que lui et ça fait mal de l’avouer.
Au moment où Roon décide de délocaliser son usine en Chine, enjoignant Marcus de reprendre la direction des opérations à Guodong, celui-ci se trouve devant un choix cornélien : quitter la Californie pour la Chine, aller timbrer au chômage ou… accepter l’héritage laissé par son frère. Pas la peine d’avoir fait Polytechnique pour se rendre compte que la blanchisserie manque étonnamment de presses à repasser et que la quantité de maquillage utilisé par ses employées est inversement proportionnelle à la surface de tissu qui les recouvre. Briefé par l’ex-bras droit de Julian, un jeune dur à cuire à l’accent russe, Marcus décide qu’il n’a d’autre choix que de reprendre l’affaire mais à sa manière, en bon mac. Non seulement il se promet de n’entretenir avec les filles que des rapports strictement professionnels mais il offre à celles-ci assurance sociale et plan de retraite.
Si sa naïveté ne le met pas à l’abri des requins de la pègre, Marcus engendre pourtant assez vite un magot considérable qui lui permet d’envisager l’avenir avec sérénité, la bar-mitzvah de son fils avec faste et l’opération oculaire de sa belle-mère dans des délais inespérés. Jusqu’à ce qu’un cadavre lui reste sur les bras…
Ce roman caustique, grinçant, drôle et improbable embarque avec une légèreté feinte son lecteur dans le monde du bien et du mal, de la mondialisation et de la place de l’individu dans la société capitaliste. Les personnages sont hauts en couleurs, les répliques font mouche, la description ne manque pas de piquant : on ne s’étonne pas que Seth Greenland soit scénariste, et on lui pardonne avec magnanimité quelques improbabilités à mon avis superflues, tant le rythme est échevelé.

GREENLAND, Seth. Un patron modèle. Paris, Liana Levi, 2008. 396 p.

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