L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

D’autres vies que la mienne 10 juin 2009

Filed under: Roman — chantal @ 8:58
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D'autres vies que la mienne

« D’autres vies que la mienne »

eT aloRs ce liVre :

 Tout ou rien est dans le titre….la vie des deux Juliette, celle de Patrice, d’Hélène ou de Delphine, celle d’Etienne, vous pouvez choisir celle qui vous parle le plus.

 Un livre sur le quotidien et ses blessures, le bonheur des uns, le mal des autres, les choses qui nous touchent de près ou de loin, un tsunami par exemple, une maladie grave pour un autre exemple et ainsi de suite.

 Parce qu’il est difficile de parler de soi dans le mouvement de la vie, Carrère les a fait parler pour aussi parler de lui et de sa réussite, une fois n’est pas coutume à vivre un bonheur….

 Les récits de chaque personnage se répondent et se mêlent, la mélodie est douce au-delà du désespoir car le fonds du roman est douloureux.

 J’ai aimé le sentiment de franchise et d’authenticité qui flotte à la fin de la lecture de ce roman.

 Et vous ?, peut-être pas ?

 

Disponibilité

CARRERE, Emmanuel. D’autres vies que la mienne. Paris, POL, 2009. 309 p.

 

Les accommodements raisonnables 28 avril 2009

Filed under: Roman — Françoise B. @ 9:46
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images1Bien que Jean-Paul Dubois soit un de mes auteurs préférés, je n’ai pas encore tout lu de lui, d’abord parce qu’il écrit beaucoup, et ensuite parce que je me réserve toujours quelques-uns de ses romans en guise de « poire pour la soif ». Néanmoins, quand son dernier titre, Les accommodements raisonnables, est arrivé jusqu’à moi, j’ai croqué tout de suite dans le fruit.

 

Ce roman met en scène Paul, époux de la belle Anna, père de 3 enfants et grand-père de 2 petits-enfants. Notre homme, qui gagne sa vie dans l’audiovisuel, est choisi pour adapter le scénario d’un film français médiocre, « Le désarticulé », à la sauce américaine. Pour cela, il doit laisser Anna à sa grave dépression et s’exiler pour plusieurs mois à Los Angeles auprès de la Paramount. Là, une grosse surprise l’attend, en la personne de Selma, sosie d’Anna… mais en 30 ans plus jeune… Vous devinez la suite ? Paul résistera-t-il à la beauté incandescente du double de son épouse ? c’est toute la question . Se mêlent aussi à cette histoire les relations difficiles de Paul avec son père Alexandre, de plus en plus bizarre depuis la mort de son frère Charles, personnage haut en couleur.

 

J’aime beaucoup Jean-Paul Dubois pour ses héros attachants (qui s’appellent d’ailleurs souvent Paul ou Jean-Paul… mais quelle coïncidence…) et pour son ton plein de verve et d’humour. Les accommodements raisonnables ne faillissent pas à la règle : juste pour ses scènes cocasses, ce roman mérite d’être lu.

Mais, pour être un brin critique, j’avoue avoir trouvé la première centaine de pages un peu longue. Les descriptions du travail à la Paramount m’ont ennuyée, et pourtant, cette plongée dans le microcosme de l’industrie cinématographique est instructive. Par ce biais, Jean-Paul Dubois observe, en connaisseur avisé (il est l’auteur de L’Amérique m’inquiète, Ed. de l’Olivier, 1996) les travers de la société américaine. L’air de rien, il observe aussi la campagne présidentielle américaine qui voit Barack Obama pointer son nez et les candidats à l’Elysée en France se disputer. Ces références à l’actualité récente amènent un supplément de réalité à l’histoire.

Malgré un début qui m’a un peu lassée, le constat final est donc tout à fait positif et je peux vous recommander chaudement cette lecture ou une autre du même auteur.

 

Disponibilité

 

DUBOIS, Jean-Paul. Les accommodements raisonnables. Paris, Olivier, 2008. 260p.

 

Rencontre avec l’auteur de « Mon traître » 6 mars 2009

Filed under: Roman — Françoise B. @ 4:24
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montraitreAntoine, un luthier parisien d’une trentaine d’années, se prend d’une affection profonde pour l’Irlande du Nord, ses habitants et ses causes indépendantistes. Ses nombreux voyages à Belfast, où il est logé par des activistes de l’IRA, deviennent sa raison de vivre, au point d’en oublier ses propres amis. Témoin de la misère des Irlandais, de la peur, de la grisaille, de la violence dans rues, il cherche à prêter main forte à ses compagnons, même si son statut d’étranger lui confère une position particulière. Et pourtant, une énorme déconvenue l’attend : de maître, un de ses grands amis irlandais devient traître…

 

Ce roman est un document fort sur le combat politique de l’Irlande du Nord pour son indépendance. Mais le thème de l’amitié y tient aussi une part primordiale. « Mon traître » se lit d’une seule traite, grâce à la plume de Chalandon et peut-être aussi grâce à un fort goût d’authenticité… toute coïncidence n’est en effet pas fortuite dans cette histoire.

 

Sorj Chalandon a été grand reporter en Irlande du Nord. Il a obtenu le prix Albert-Londres en 1988.

« Mon traître » fait partie de la sélection Lettres frontière 2008. Vous pourrez le rencontrer à la bibliothèque de la Jonction le jeudi 12 mars à 19h30. L’entrée est libre… n’hésitez pas !

 

CHALANDON, Sorj. Mon traître, Paris : Grasset, 2007. 275 p.

Disponibilité

 

 

Retrouvez également d’autres pistes de lecture dans la bibliographie L’Irlande et Chalandon réalisée dans le cadre de cette rencontre !

 

Et revoilà Amélie ! 15 octobre 2008

Filed under: Roman — Françoise B. @ 5:10
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Autrefois, avec la même rigueur qu’on se doit de finir son assiette, je terminais toujours un livre commencé.

Aujourd’hui, par mollesse ou par sagesse, il m’arrive, après un noble effort, de capituler…  c’est ce qui s’est passé dernièrement. Cela faisait des jours et des jours que, l’âme en peine, je reprenais le fil de la lecture d’un roman des plus ennuyeux. Je tairai son titre, car, allez savoir, vous l’avez peut-être lu et apprécié. Disons, pour ne pas trop m’avancer, que c’est un roman à  la couverture rouge.

Bref, un de ces derniers soirs, j’ai reposé le roman rouge pour un sommeil doux et profond. Le lendemain, je l’avais exilé et remplacé par un bouquin plus modeste en taille, écrit par une romancière belge très connue qui brille par sa singularité depuis toute jeune dans les médias et produit un roman par an avec la régularité d’un métronome… mais oui, vous l’avez dans le mille… c’est bien le dernier roman d’Amélie Nothomb qui a eu le plaisir et l’honneur de détrôner le vilain livre rouge en question. Deux pages de Le fait du prince ont suffi à reléguer ce pauvre au fin fond de ma pile.
On pourrait qualifier Amélie Nothomb de « pondeuse » de bestellers ; on pourrait même être lassé de cette production quasi industrielle. N’en déplaise à ses détracteurs, l’histoire de ce quidam qui usurpe l’identité d’un homme venu mourir à ses pieds m’a happée pour ne plus me lâcher. Comment décrire Le fait du prince ? prenez Le talentueux Mr. Ripley de Patricia Highsmith et adoucissez-le avec un soupçon de vaudeville façon « Au théâtre ce soir ». Le résultat ? un texte énergique, bien ciselé qui m’a procuré beaucoup de plaisir à la lecture. Bravo, Miss Nothomb, pour ce sens du suspense et ce style primesautier qui rend la lecture si agréable !

Et vous, cher lecteur, si vous n’avez encore rien lu de cette romancière, vous avez le choix ! Mention particulière à  Stupeur et tremblements qui a obtenu le Grand prix de l’Académie française en 1999 et à été transposé au cinéma en 2003.

NOTHOMB, Amélie. Le fait du prince. Paris, Albin Michel, 2008
Disponibilité