L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

Via Alpina 12 janvier 2012

Quel marcheur n’a pas rêvé un jour de traverser les Alpes ? 

Quitter les berges de la mer Adriatique aux confins de la frontière italienne et s’élever lentement, au rythme du pas, dans les premiers contreforts slovènes de l’arc alpin. Continuer sa route en direction des Dolomites, de l’Autriche et de l’Allemagne, puis se lancer à l’assaut des Alpes pour redescendre enfin vers la Méditerranée, d’une mer à l’autre. 

Cette itinérance porte un nom : la Via Alpina

Vincent Tornay, géographe et guide de randonnée, s’est lancé dans cette formidable aventure et a suivi l’itinéraire rouge de la Via Alpina. 2500 kilomètres à travers 8 pays et 13 massifs alpins pour rejoindre Monaco depuis Trieste. 119 jours de marche à la rencontre de l’immensité de la nature, des paysages et de leurs habitants. 124’000 mètres de dénivelés positifs sous les ardeurs du soleil, les battements de la pluie, les caprices de la météorologie. 44 passages de frontières nationales. De la fatigue, de la sueur, des émotions, et surtout des souvenirs, des anecdotes et des histoires à raconter. 

De ce long et beau périple est né un magnifique ouvrage paru aux éditions Rossolis en 2009. De chapitre en chapitre, Vincent Tornay nous entraîne dans ses pas sur les chemins, les sentiers, les cols et les passages qui se jouent des frontières, des langues et des différences. Car la Via Alpina n’est pas qu’un simple sentier de randonnée. Par son existence même, elle constitue un lien entre les hommes, les communautés linguistiques et les pays qu’elle traverse. Un lien symbolique, un trait d’union, un appel à la découverte, à la rencontre, au partage. 

Dans cet ouvrage, le lecteur trouvera tous les renseignements utiles pour parcourir la Via Alpina en long et en large. Les itinéraires sont soigneusement reportés et illustrés d’extraits de cartes topographiques. Les temps de marche et les dénivellés accompagnent de nombreuses informations utiles telles que des suggestions d’hébergement, les principaux offices du tourisme qui jalonnent le parcours, des adresses de sites Internet, et moult considérations botaniques, géologiques et culturelles.

On ne peut que remercier Vincent Tornay d’avoir publié cet ouvrage, il fallait qu’il fût écrit. Les marcheurs se réjouiront des nombreux conseils dispensés et trouveront dans sa lecture d’inépuisables suggestions de randonnées. Les voyageurs se délecteront des innombrables photographies qui l’illustrent abondamment. Les lecteurs se laisseront emporter par les mots et la riche prose qui le composent. Et en complément de cet ouvrage, de nombreuses informations sur la Via Alpina sont également disponibles sur le site Internet dédié : www.via-alpina.org

Victor Hugo ne s’était pas trompé lorsqu’il écrivait en son temps : « Lire c’est voyager ; voyager c’est lire ».

TORNAY, Vincent. Via Alpina. Bussigny, Rossolis, 2009. 191 p.

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Casseroles suisses 2 décembre 2010

Filed under: Documentaire — Roane @ 9:37
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La Suisse fait malheureusement parler d’elle pour ses affaires de minarets, d’étrangers criminels, de moutons trop noirs, de frontaliers  source de tous nos maux. Pour oublier ces honteuses xénophobies et retrouver la quiétude de nos verts pâturages, allons chatouiller le proverbe bien de chez nous, « la fondue crée la bonne humeur », et occupons-nous d’autres casseroles que celles qu’on traîne.

Il ne s’agit pas ici de cuisine en général, ni de la gastronomie de nos voisins français (même si l’UNESCO vient de l’inscrire au patrimoine immatériel de l’humanité, ça ne s’invente pas ça !) mais bien de la cuisine suisse concoctée avec de vrais produits locaux.  Je souhaite ici rendre hommage à l’odorant Schabziger, à l’onctueux Gala, au si doux Toblerone et à une bonne cinquantaine d’autres ingrédients tout aussi délicieux. So sweet kitchen recense 50  recettes « made in Switzerland ». Et  « damassine sur le rösti », elles sont bon marché et faciles à réaliser…
Ce dernier point, je ne peux malheureusement pas le confirmer n’ayant rien testé. Entre nous, je lis mieux que je ne cuisine ! Appel à mes proches (et aux autres, pourquoi pas) qui seraient tentés de me mitonner un de ces bons petits plats et qui, fauchés (les fêtes aidant), hésiteraient ; je ne suis pas difficile et un bête « Pain perdu au fromage à raclette » m’irait très bien. Ca, c’est dit.
Je me suis donc bornée à lire et regarder les images en salivant lamentablement. Mais j’ai également beaucoup ri car, côté photos, Sabrina Friio a fait fort. Elle ne s’est pas contentée de photographier les recettes en mode macro (tendance fort marquée actuellement dans ce type d’ouvrages) pour apporter de l’art au lard et du flou au flan, elle les a mises en scène. Sur les plats on distingue des petites figurines, genre soldats de plomb mais qui ne sont ni des soldats ni de plomb. Ainsi, des petits hommes en habits de plongée sont perchés sur un « Tartare de thon au sésame et wasabi » (la suissitude de l’affaire c’est les 300 g de légumes pickles Chirat). Devant la « Salade jurassienne à la Tête de moine », trois religieux sont en prière. Deux jeune gens en costume de bain à bord d’un voilier voguent sur le « Velouté de poireaux aux portions de Gala ». Et pour boucler la boucle et revenir non pas à nos moutons noirs, mais à notre fondue, un armailli et ses vaches fribourgeoises se baladent aux alentours de quelques « mini-croustades de fondue Gerber ». En dernière page, les auteurs nous avertissent : « Aucun personnage n’a été maltraité durant les photos… Ni même mangé ! ».
Maintenant, plus de temps à perdre, achetez, empruntez le livre (mais ne volez pas, surtout si vous êtes étranger en Suisse !) et… à vos casseroles. Et n’oubliez pas de nous poster vos impressions, ça fait toujours plaisir !

DELABY, Emmanuel. So sweet kitchen : la cuisine helvétique c’est ludique ! Lausanne, Good Heidi, 2010. 112 p.
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