L'Hibouquineur

Le blog de littérature des BM de la Ville de Genève

La société industrielle et son avenir 31 mai 2012

Dans la série les livres qu’on ne devrait pas vraiment lire, je me suis retrouvé avec en main le pamphlet de Kaczynski.

Mais qui, me direz-vous, se cache derrière un titre aussi aride, quel poussiéreux professeur d’université à la retraite, quel chercheur en mal d’apéro de publication ?

Et vous n’auriez pas tort. Diplômé de Harvard, doctorant en mathématiques à l’université du Michigan, le bonhomme, après avoir enseigné à l’université de Berkeley pendant deux ans, retourne vivre avec ses parents, le temps de réunir les fonds pour acheter un lopin de terre, et y construira une cabane où il vivra pendant 25 ans en semi-autarcie, sans électricité ni eau courante, selon ses dires relativement content de sa vie, jusqu’à un certain point.

Son livre, autant le dire tout de suite, a un côté rébarbatif ; il tient surtout du pamphlet anti-technologique et ses très courts chapitres sont trop « pédagogiques » pour être agréablement lisibles. De même il utilise un peu trop de mots en MAJUSCULES, ce qui a pour seul effet de donner un petit côté « commentaire de youtube » au texte.

Cependant, il faut dire que la clarté et la concision sont au rendez-vous, si ce n’est dans les opinions les plus personnelles de l’auteur, qui a un peu trop tendance à voir la forêt plutôt que l’arbre. Un autre aspect assez choquant est sa capacité à rester (dans une certaine mesure) ouvert à l’échange et au dialogue (facile, me direz-vous, quand il s’agit d’échanger et de dialoguer avec des rongeurs ou des volatiles).

Enfin, le lecteur est obligé (oui) de donner raison à Kaczynski sur certaines de ses conclusions, en particulier sur celles qui touchent à la perspective de désastres écologiques et la perte de liberté individuelle face au confort technologique (liberté non pas au sens de faire ce que l’on veut ou on veut quand on veut à qui on veut, mais plutôt celle qui consiste à avoir une véritable incidence sur sa propre vie et la manière de la conduire).

Je dois tout de même avouer que j’ai lu ce texte dans sa langue originale dans une version révisée. En effet, Kaczynski a tout loisir de peaufiner ses arguments, du fond de sa cellule en prison dite « supermax », pour le restant de ses jours sans possibilité de libération conditionnelle. Car il y a une ombre au tableau : excédé par le développement touristique et de l’industrie forestière dans son coin de paradis, Kaczynski, ou Unabomber comme il est connu du FBI, a mené une campagne de bombardement terroriste individuel de 1978 à 1995, tuant trois personnes et en blessant 23.

Vous comprendrez donc l’absence de boutade humoristique finale en guise de conclusion à ce billet.

Ce livre vaut la peine d’être lu, car il suscite la réflexion.

KACZYNSKI, Theodore J. La société industrielle et son avenir. Paris, Encyclopédie des nuisances, 2002. 123 p.

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Planet 25 février 2011

Filed under: Documentaire — chantal @ 8:00
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Entrer dans l’univers de Plastic planet, c’est avoir la confirmation absolue que le plastique a envahi nos vies privées et professionnelles au quotidien.
La lecture de ce documentaire est tout à fait aisée, l’auteur nous fait part de moult détails chiffrés et de quelques notes en bas de page, sites internets et blogs à découvrir pour étayer son discours.
En quelques mots, depuis que la formule du plastique a été mise au point, celui-ci a pris de plus en plus d’ampleur  jusqu’à devenir presque invisible, mais toujours présent dans notre consommation, notre environnement, notre habitat, bref notre planète.
L’auteur, Werner Boote, nous raconte les diverses expérimentations de scientifiques pour mettre au point les multiples formules, structures, matières plastiques avec leur contexte historique. C’est à tour de rôle un contexte historique, politique et toujours économique qui détermine les quantités de plastique à produire. Si ma mémoire est bonne, « quelques » 80 millions de tonnes de plastique finissent chaque jour dans l’océan…
Le plastique au départ apparaît comme un progrès lorsque dans les ménages, dans les années 50, il remplace petit à petit les assiettes en porcelaine par exemple, avec l’argument du non-cassable (par contre on ne sait pas encore – ou si mal ! – comment va évoluer ce matériau une fois soumis à la chaleur, aux fissures, à la dégradation progressive et au fait qu’il va libérer des substances toxiques qui nuisent au consommateur, etc….) mais avec la société de consommation de masse, tout prend des proportions gigantesques, jusqu’à la réalité  que nous connaissons aujourd’hui.
Werner décortique les notions de développement durable et de recyclage car là aussi, tout n’est pas si simple. Le plastique PET, par exemple, peut être recyclé, mais on n’en récupère qu’une partie seulement, et où finit le reste ? La grande question de la gestion et de l’élimination des déchets est mise en évidence. Si on choisit la combustion : quelles sont les conséquences pour la planète lorsque les particules de plastique sont rejetées dans l’atmosphère ?
Et que faire des lobbys du plastique, des normes, des législations propres à chaque pays, bref  le plastique a de nombreux effets collatéraux, soulève de nombreux problèmes et ça vaut la peine de s’y intéresser.
L’auteur qui est Autrichien a également tourné un film du même nom et une version française va sortir en salle le 30 mars 2011, si vous ne voulez pas lire le livre, allez voir le film, vous regarderez votre environnement autrement…
Vous pouvez aussi faire une prise de sang et voir à quel point le plastique est présent dans votre corps et en quelle quantité, avec combien de « Bisphénol A » je vis tous les jours ?

A méditer…

BOOTE, Werner. Plastic planet. Arles, Actes Sud, 2010. 249 p.

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